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L’amertume d’une mauvaise blague

La fin de semaine dernière fut marquée par une manifestation qui prévoyait être incendiaire, mais qui se révéla n’être qu’un pétard mouillé.

Au grand dam des nationalistes acharnés aux discours fourbes, l’évènement organisé par la faction québécoise, assez officieuse, de l’organisation politique PEGIDA fut annulée dû à l’absence de ses partisans. L’annonce d’une telle démonstration fit quand même bouger les foules au métro Saint-Michel où, hormis quelques hurluberlus, l’assistance était plutôt présente pour couper court au rassemblement initialement prévu par le groupe d’extrême-droite.

L’organisation PEGIDA vit le jour l’automne passé en Allemagne, à Dresden. Son fondateur est Lutz Bachmann, un ex-taulard récidiviste condamné pour de multiples vols, des voies de fait, ainsi que pour trafic de cocaïne. Poussé par une islamophobie enracinée, il organisa avec son groupe les premières marches du groupe dans le but premier de s’opposer à la création de centres de réfugiés dans sa ville natale, et par le fait même, pour marquer son opposition à l’installation musulmane en Europe.

Le groupe, dont le nom est un acronyme allemand pour « Patriotes Européens contre l’Islamisation de l’Occident », connu un grand succès dans cette ville et leurs manifestations ont réuni plusieurs milliers de participants. L’importance du mouvement créa un remous politique en Allemagne et amena la chancelière Angela Merkel à dénoncer les actes du groupe, en le qualifiant de « racistes aux cœurs remplis de haine ».

PEGIDA se développa durant les mois qui suivirent en de multiples ramifications principalement en Europe de l’Ouest. Ainsi, des regroupements furent organisés en Espagne, en Australie, en Angleterre, en France, ainsi qu’en Pologne. La Belgique dut interdire les activités du groupe à Verviers et à Anvers pour empêcher le groupe d’organiser des descentes dans la rue, évènements qui auraient très possiblement pu se solder par des rixes entre groupes de gauche, supporters de la cause antiraciste, et leurs antagonistes.

La faction québécoise de PEGIDA semble toutefois moins organisée. Elle officie via une page Facebook qui compte environ mille followers et qui publie dans un français médiocre des articles à connotation islamophobe. Lorsqu’elle créa sur la même plateforme un évènement pour la réalisation d’une marche anti-islam dans le quartier du petit Maghreb, à Montréal, plusieurs gens ont craint le pire. Des députés, telle Maria Mourani, étaient montés au créneau pour implorer Harper de sévir sur ce groupe fasciste. La réponse du fédéral fut délivrée par le ministre de la sécurité publique, Steven Blaney, qui déclara que « bien que les citoyens soient libres de participer à des manifestations » ils sont « encouragés » à respecter la loi.

Le week-end dernier les membres de PEGIDA Québec brillèrent par leur absence. Comme quoi la création d’un simple évènement Facebook en est venu à faire couler énormément d’encre et fit mousser les avis jusqu’aux plus hautes sphères de la politique du pays. Malgré les craintes, les personnes qui se mobilisèrent pour contrer l’épisode PEGIDA au Québec eurent gain de cause, lorsque le SPVM annonça l’annulation de la manifestation au moment où elle aura dû entreprendre sa marche. Force est de constater qu’à Montréal, de telles organisations ne sont pas les bienvenues.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.