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Soleil, averses, délire : un samedi à Osheaga

Suite à la journée haute en couleur de vendredi, qui aura sû faire résonner le coup de départ d'une fin de semaine frénétique aux oreilles des festivaliers venus d'un peu partout dans le monde (les touristes constituent 65% des participants au festival Osheaga), le Polyscope retourne à son agréable besogne et se prépare à plonger dans la deuxième journée de festivité.

Ce samedi, première journée du mois d’août, ne fait pas mentir la réputation de l’été montréalais.  Un soleil caniculaire illumine le site du Parc Jean-Drapeau alors que le Polyscope, encore secoué de la veille, s’hydrate du mieux qu’il peut, alternant entre bouteille d’eau et Red Bull, pendant que St. Vincent s’installe sur la scène de la Rivière.  Vêtue d’une combinaison juste-au-corps, l’élégante chanteuse américaine entame son concert avec son très morceau très glamour rock, Birth in reverse.  Coup réussi: la journée ne fait que commencer mais sont déjà déployés pas de danse et sautillements coordinés aux riffs et chants de la charismatique chanteuse.  Elle enchaîne ensuite avec ses morceaux plus électro, tels Digital Witness et Cruel, pour le plus grand plaisir des festivaliers qui semblent sortir de la torpeur infligée par la soirée mouvementée de la veille.

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C’est agréablement surpris et le front perlant de sueur que le Polyscope se dirige vers la scène de la Montagne alors que s’attroupe une foule de fan du groupe allemand Milky Chance.  Les deux membres du groupes sont accompagnés de quelques copains musiciens.  Un style néo-bohèmien habite cette petite clique venue d’outre-mer qui savent apparemment bien s’amuser.  Ils enchaînent leurs chansons, toujours plus enivrantes les unes que les autres.  Les spectateurs, complètement envoutés par les mélodies très accrocheuses du groupe, se déhanchent sur les morceaux,  alors que le Polyscope s’étonne à secouer ses épaules sur le tube Flashed Junk Mind.  Puis vient le moment le plus attendu du set; la chanson que tout le monde attendait impatiemment.  Dès les premieres notes de Stolen Dance, un frisson envhit toute la foule, puis des cris, puis c’est en choeur que tout le monde entonne le refrain.

 

Le Polyscope quitte cette ambiance électrisante et se dirige d’un pas léger vers le concert de Nas, personnalité mythique de Brooklyn, qui fut l’un des premier rappeur de renommée mondiale.  Une foule abondante est déjà présente pour s’abreuver des envolés lyricales du vétéran de New-York.  Comme à son habitude, la majorité des morceaux qu’il présente sont tirés de son album Illmatic, référence absolue de rap lyrical new-yorkais pour tout amateur de hip hop.  Cependant, alors que la foule vibre aux sons de The world is yours et Halftime ou bien même de I Can, un titre qui sample la pièce Fur Elise de Beethoven,  le Polyscope se désole du manque de variété dans les concerts de Nas, qui se contente depuis quelques années des concerts où sont joués ses plus gros succès, sans toutefois que l’on perçoive une envie de se réinventer.

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C’est au travers de ces pensées pesantes que le Polyscope se fait surprendre par une pluie diluvienne qui s’abat sans scrupule sur les festivaliers complètement désemparées (encore une marque de commerce de l’été montréalais).  Il pleuvait des cordes à l’Île-Sainte-Hélène et on voyait se déployer une marée de ponchos imperméables.  Il était temps pour l’équipe du ‘Scope, qui n’avait pas prévu être cible d’intempéries si astreignantes (oui, il pleuvait beaucoup), d’aller se réchauffer aux devants de la scène Piknic Électronik.  C’est What So Not qui nous accueillit, et on se croyait vraiment dans un Piknic Életronik régulier.  Des beats endiablés, de la trap lourde puis la surprise : l’arrivée de Shash’U, notre bien-aimé DJ natif de Montréal.

Le reste du set est incontrôlable et c’est entre deux pas de danse bien huilés que le Polyscope rejoint la scène de la rivière pour le concert d’un autre produit local, Patrick Watson.  Changement total d’atmosphère : on laisse les sonorités rave et club pour un agencements de mélodies féériques.  Sont réunis sur scène le chanteur, tantôt au piano, tantôt à la guitare, ainsi qu’un claviériste et un batteur. S’ajoutent à la liste d’interprètes cinq violonistes, un choeur composé de ténors et d’alto, ainsi qu’un quatuor de cuivre. Émanait de ce concert une richesse de son incroyable, dirigée par la voix enchanteresse du chanteur.  Les morceaux The Great Escape ainsi que Adventures in your own backyard donnent des impressions de rêve éveillé au Polyscope.  Bouche-bée, l’équipe assiste aux dernières notes de ce concert en s’empressant d’acclamer toute la troupe sur scène.

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Alors que le crépuscule s’installe sur le site du festival et que les vêtements de l’équipe du Polyscope sont presque redevenus secs, la scène de la Montagne revêtit les couleurs du légendaire groupe Weezer.  Le concert débute par la chanson My name is Jonas, ce qui met dans le bain les 20 000 personnes réunies pour voir le groupe.  On voit des signes de main formant des «W» se former un peu partout dans la foule.  La suite du concert consiste quasiment à une succession de leurs plus gros hits.  Sont ainsi jouées Pork and beans, Say it ain’t so ainsi que Island in the sun.  Les spectateurs chantent en choeur avec le groupe, les personnes qui entourent le Polyscope connaissent toutes les paroles par coeur, l’ambiance ne pourrait être plus agréable jusqu’à ce que les enfants du chanteur, River Cuomo, montent sur scène.  Sa fille prend place au clavier et le jeune bambin s’arme d’une guitare électrique gonflable.  Ça y est, c’est le moment le plus mignon de la fin de semaine.  Oui, même le Polyscope trouvait ça mignon.

Suite au concert de Weezer, la tension était à son paroxysme devant la scène de la Rivière.  Était venu le moment tant attendu de l’arrivée de Kendrick Lamar. Celui qui se fit alloué cette année le sobriquet de «Roi du rap» avait secoué l’agenda musical 2015 avec son incontournable album To Pimp a Butterfly.  Lorsque les lumières se tamisèrent, le Polyscope vit rose lorsque fut jouées les premières notes de Money Trees, une des chansons phare de l’album Good Kid Maad City.  Lamar, qui n’était pas accompagné d’un DJ mais bien de musiciens, fit une entrée triomphale sur scène.  Acclamé par une foule en délire, Kendrick alterna entre ses morceaux plus doux et philosophiques, tels Poetic Justice et  pour enchaîner avec ses bangers comme Bitch don’t kill my vibe et Maad City.  Lamar alla jusqu’à faire monter Mos Def sur scène, pour le plus grand bonheur des puristes du rap.  Celui-ci ajouta son grain de sel à plusieurs chanson de la tête d’affiche de la journée.  Les hymnes du nouvel album mirent le feu à la foule de festivaliers.  C’est durant King Kunta, puis Alright, que le Polyscope sentit l’audience se déchaîner. C’était comme si toutes les personnes réunies ne faisaient plus qu’un.  Le tout se déroulait sous les couleurs du dernier spectacle de feux d’artifice présenté pour l’International des Feux Loto-Québec.  Une scène aux angles et aspects somptueux, qui restera très certainement gravée dans les esprits de toutes les personnes qui y étaient présentes.

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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