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Dix ans, ça commence en grand!

Après le succès intimidant de l’édition précédente et la décennie qui pointait le bout de son nez, Evenko n’avait pas le choix que de montrer ses muscles pour SON rendez-vous annuel. Pour montrer que la petite métropole peut accueillir des évènements monstres mais aussi pour afficher la vitrine des talents scénographiques bien de chez nous.

Pour fêter son dixième anniversaire, le Gargantua des festivals montréalais décida de sortir l’artillerie lourde. Que ce soit par son entrée sur Snapchat (OsheagaFest), ses manèges inédits, ses feux d’artifice ou sa programmation plus que chargée, le niveau était fixé. Ce serait du haut de gamme pour 2015.

Avis à ceux qui croiraient plus ou moins à la diversité musicale du festival, la scène Verte vous aurait vite fait déchanter. Le folk-indie à l’arrière-goût Mumford & Sons du collectif The Franklin Electric a rapidement laissé place au rap mitraillette de Run the Jewels. La foule qui fredonnait des airs doux et enveloppants a perdu le nord à l’arrivée de la production électronique rythmée du duo rap. Les spectateurs sautaient et perdaient leur voix avec l’enchaînement des refrains, sans oublier le poing et le pistolet en l’air, leur symbole de ralliement. Le zèle des rappeurs est allé jusqu’à ramener sur scène un jeune fan ayant amené une toile de leur album. Dur de croire qu’il n’est que 15h30.

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Pour ce qui est des découvertes live, Osheaga ne nous a pas laissés en reste. Sur la scène Piknic Électronik, le duo australien Hermitude a donné la meilleure performance électro de la journée. Deux DJs avec un excellent sens de la mélodie ainsi qu’une aisance technique impressionante sur nombreux instruments. L’artiste pop/femme à tout faire FKA Twigs, bien que déjà star au Royaume-Uni, a piqué la curiosité du Polyscope avec une mise en scène reposant principalement sur ses mouvements de danse contemporaine et des percussions modifiées. Avec son live-band des plus minimal, elle gagne la palme de l’originalité du vendredi.

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Vers 16h45, place au pop-rock. Marina and the Diamonds avait droit à la scène principale de la montagne pour séduire Montréal. Si FKA Twigs brilla par la mise en scène, c’est Marina qui présenta le look le plus audacieux.  Une petite démonstration de sa musique éclatée à un grand public peu avant de laisser la place aux sobres australiens Angus and Julia Stone. Pas de fausse note ici mais pas d’excitation monstre. Leur musique douce et intime aurait effectivement été plus appropriée à une plus petite scène. La confirmation du contraste arriva avec Of Monsters and Men. Dur de penser à un autre artiste dont les spectateurs connaissaient autant les morceaux par cœur. Un vrai récital à la grandeur du parc. Rien de mieux pour réchauffer les festivaliers avant la conclusion tant attendue.

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Déception dans la catégorie Rap/Hip-Hop. L’artiste Schoolboy Q, qui se produisait en dernier sur la scène Verte, a déçu nombre de ses fans. En effet, avec un album aussi gangsta qu’Oxymoron et avec l’attitude qu’on connait aux membres du collectif Black Hippy, le parc s’attendait à une fin de soirée bruyante et mouvementée. Le parc a eu droit à un spectacle en demi-teinte offert par un Schoolboy fatigué, ayant même l’air intoxiqué et avouant à la foule ne pas pouvoir lui donner le encore réclamé. Ceux qui ont choisi de terminer leur journée à la scène verte au détriment de la scène de la rivière sont restés sur leur faim.

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Florence + the Machine à la conclusion. Et quelle conclusion! L’artiste britannique avait déjà une participation Osheaga à son actif il y a trois éditions de cela, mais pas en tant qu’artiste de clôture. Le festival a rectifié le tir cette année et les 50 000 quelques témoins savent pourquoi. Bien au-delà de l’épaule-à-épaule engendré par l’engouement, l’ambiance électrique est due à la généreuse et enjouée Florence. Celle qui court sur scène mais qui semble flotter. Le parc a servi de chorale à la pop symphonique de Florence Welch qui a réjoui ses fans en les emportant avec Raise It Up et Dog Days are Over.

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Ce genre d’ambiance grand-format ne peut être matérialisé qu’avec l’aide d’artistes-phares établis dans leur genre. Une race dont font partie Florence et les deux autres têtes d’affiche du festival. C’est au bout de telles performances que le festivalier doit quitter le site, repu. Et c’est exactement la tradition de grandeur qu’Osheaga compte fixer.




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