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Grease : renouveau ou réchauffé?

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Une adaptation de plus dans l’histoire de cette mythique franchise. Les attentes monstres sont cependant assez difficiles à satisfaire.

La superproduction québécoise nourrissait les fantasmes bien avant de remplir les salles. En effet, depuis l’annonce faite en novembre, ce sont plus de 10 000 billets qui ont trouvé preneur. Une mise en scène de Andrew Shaver avec Denise Filiatrault en tant que conseillère artistique n’aura certainement pas nuit à la croissance fulgurante de cet engouement. Grease tient donc l’affiche du Théâtre St-Denis jusqu’au 1er août, dans le cadre du Festival Juste pour rire.

L’adaptation n’a pas impressionné la galerie. Certainement pas la partie plus jeune de l’auditoire. Bien que différente de la version originale, le tout reste terne. Original, sans être éclatant. L’histoire est bien connu de nos quadragénaires québécois que ce soit grâce au film ou à l’adaptation de Broadway récipiendaire de plus d’une dizaine de Tony Awards. Une romance estivale d’adolescents qui tente de survivre à la rentrée scolaire. À mon avis, le joual utilisé et les commentaires proférés ne sont pas venus chercher la jeune génération québécoise, on croirait entendre des conversations de série B québécoise d’une autre décennie. Beaucoup de têtes grises à l’avant de la salle, les gags semblaient leur être destinés.

Il faut dire que manier un classique comme Grease ça reste tout de même risqué. C’est une œuvre adoré par la génération qui l’a reçue et essayer la rendre plus contemporaine ou plus lié à un milieu choisi, c’est prendre des risques. Le risque de dénaturer la pièce, le risque d’être cliché ou pire : le risque de ne pas divertir. Ces risques ne se sont pas avérés rentables mais il y a tout de même certaines forces à retenir de ce spectacle. Pour ce qui est du chant et du jeu, il faut admettre que les comédiens étaient à la hauteur. Annie Villeneuve et Jason Roy Léveillé jouant Sandy Olssen et Danny Zuko n’ont pas ménagé leurs efforts, chaleureusement salués par la foule. L’attitude de Jason et ses pas de danse arrogants et exagérés en sont un bel exemple, de même que la coordination des acteurs lors des scènes mêlant chant et danse.

Et avec de telles attentes, il est inévitable de décevoir, ne serait-ce que le moindrement, une bonne partie de l’auditoire. Cependant, le public québécois reste de bonne foi et, comme tout bon fan, ne peut séparer Grease de leur expérience chaleureuse initiale, quelle qu’en soit l’adaptation. C’est pourquoi un tel spectacle reste un baume sur le cœur des concernés et ne cessera de ravir son public-cible.




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