Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

The Apprenticeship of Duddy Kravitz

Le Segal accueille un chef-d'oeuvre bien d'ici.

Basé sur le roman de Mordecai Richler parut en 1959, ce classique montréalais illustre l’obsession réussir chez certaines gens de classes moins bien nanties, en d’autres mots, la lutte du rêve américain. Cependant, des questionnements éthiques surviennent inévitablement et peuvent aller à l’encontre de ces démarches intéressées. C’est exactement le combat interne qui déchire le jeune Duddy, un jeune juif montréalais, élevé de façon droite mais obsédé par son rêve. Il est persuadé que l’acquisition d’une propriété assurera sa fortune et son bien-être. Une terre qui se valorisera avec le temps et où il vivra avec sa famille. Il est alors facile de comprendre que dès qu’il aperçoit ce vaste terrain vert au lac limpide situé dans les montagnes laurentiennes, sa détermination devient sans bornes.

Son envie d’arriver à ses fins aussi prend d’autres proportions lorsque son grand-père qu’il aime plus que tout lui fait part de l’importance de l’acquisition d’une terre chez tout homme qui se respecte; ‘’A man with no land is nothing’’. Duddy Kravitz remue ciel et terre pour amasser les fonds nécessaires à son dessein lorsqu’il tombe sur une charmante québécoise, Yvette. Il est loin de se douter que ses plans de financement et sa vie sentimentale le pousseront à faire des choix cruciaux, tantôt déchirants tantôt questionnables moralement.

Le casting était assez séduisant même si le jeu de Ken James Stewart (Duddy Kravitz) pouvait parfois sembler trop poussé. Le riche entrepreneur Dr. Cohen et le cinéaste éclaté Peter John Friar sont hilarants et leur performance grandiose. Un sans-faute concernant les voix des acteurs. Toujours justes. Mention très bien pour Marie-Piere de Brienne jouant le rôle d’Yvette. La tête pensante David Spencer a visé juste en adoptant une mise en scène qui reposait sur des duos chantants soit en tandem pour un effet plus dramatique ou en duel, cherchant à faire rire que ce soit par quiproquo ou par gags stratégiquement placés.

Un autre classique pour lequel le centre Segal s’est montré à la hauteur! Pour preuve : la série de spectacles vient d’être prolongée à la demande générale. À surveiller : leur prochaine pièce de théâtre, the Dybbuk.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.