Le Polyscope https://www.polyscope.qc.ca Le journal des étudiants de Polytechnique Montréal Tue, 12 Jun 2018 04:26:09 -0400 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.6 Monter à Montebello en fin de semaine? https://www.polyscope.qc.ca/?p=16586 https://www.polyscope.qc.ca/?p=16586#respond Tue, 12 Jun 2018 04:19:14 +0000 http://www.polyscope.qc.ca/?p=16586

Qu’est-ce que le Montebello Rockfest? C’est un événement où se rassemblent du 14 au 16 Juin de nombreux groupes de musique rock à, vous l’avez deviné, la ville de Montebello, située tout juste entre Montréal et Ottawa. Pas mal straight-forward. Pourtant, c’est aussi le plus grand festival de rock au Canada qui pour la quatrième année consécutive, réussit à offrir un lineup de qualité. Les groupes sur lequels je garde mes yeux : Sum41, Jimmy Eat World, The Used et All Time Low. Je me rappelle encore mes journées d’adolescente à écouter de la musique de ces groupes sur mon MP3. Ça fait tellement 2008.

Honnêtement, les noms du lineup francophone ne me disent pas grand chose, mais les noms de Propaghandi, Les marmottes aplaties et Les bons à rien m’ont bien fait rire en regardant l’affiche du lineup. On verra si leur musique est aussi bonne !

Puis franchement qu’est-ce que je fais à un festival de rock? Je le sais pas. Peut-être pour l’expérience, peut-être pour se remettre dans la culture « Nord-américaine » après deux semaines intensives en Chine, ou tout simplement pour solidifier de nouvelles amitiés formées au long du voyage. Tous les chemins mènent à Montebello, on s’y retrouve !

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Vendetta : le ballet à l’italienne https://www.polyscope.qc.ca/?p=16568 https://www.polyscope.qc.ca/?p=16568#respond Fri, 01 Jun 2018 21:30:16 +0000 http://www.polyscope.qc.ca/?p=16568  

 

Comme Ivan Cavallari, directeur artistique de Grands Ballets Canadiens depuis 2017, le dit si bien : « puisqu’un italien ne pourrait manquer de vous offrir intrigues et passion dès sa première année, vous trouverez tout le suspense voulu dans cette création ».

 

 

© Sasha Onyshchenko

 

 

 

Avec cette nouvelle création de la chorégraphe belgo-colombienne Annabelle Lopez Ochea, spécialement conçue pour les danseurs des Grands Ballets Canadiens, c’est effectivement frisson du danger et passions qui s’annoncent. Dans cet univers de mafias italiennes qui collaborent pour le contrôle de la ville tout en se détruisant par des luttes intestines infinies, c’est une nouvelle approche que l’on découvre avec ce ballet contemporain. Vécue en effet à travers les yeux d’une femme, on suit ici l’évolution de Rosalia, interprétée par la danseuse Anya Nesvitaylo, encore une enfant quand s’ouvre le rideau (enfant interprétée par la danseuse Rafaela Leon Alvarez).

 

 

 

 

 

© Sasha Onyshchenko

L’œuvre débute alors sur une scène décrivant magnifiquement un amour paternel tendre et dévoué, que reçoit Rosalia de la part de son père, Don Marcello, chef de la famille Carbone, qui partage le contrôle de la ville de Chicago avec les familles Trassi et Bartoni. Chaque famille règne alors sur des domaines spécifiques, respectivement le trafic d’alcool, d’armes et de stupéfiants. Mais voilà que Rosalia, fille bien aimée du Parrain Don Carbone, tombe éperdument amoureuse du fils Bartoni, Stefano, avec lequel elle entame une liaison. Pourtant, ce n’est pas encore là que tout se complique. Les deux familles mafieuses passent en effet outre cet amour peu conventionnel et, au lieu de nous jouer un Roméo et Juliette bien italien, vont célébrer leur mariage. La tradition, si chère au système de valeurs de ces vieilles familles italiennes, veut que le père de la mariée ne refuse aucune demande le jour du mariage de sa fille. Malheureusement pour le frère de Stefano, Don Carbone ne se résout pas à accéder à sa demande extravagante, même le jour du mariage de Rosalia. Tout dérape alors. Pour se venger de cet affront injustifié, Alessio tue l’un des fils Carbone en pleine soirée de mariage. C’est le début d’une lutte vengeresse lugubre et inarrêtable qui enfoncera les deux familles dans une escalade de deuils et de manigances.

 

© Sasha Onyshchenko

 

Cette escalade de crimes de sang froid aura raison de la vie de Don Carbone lui-même, dont la dernière volonté, à la surprise de tous et surtout de ses fils, sera de confier son empire à l’autorité de sa fille Rosalia, alors enceinte de son premier enfant et toujours mariée à Stefano. Dirigeant dorénavant le clan alors qu’elle avait en horreur toute forme de violence, elle glisse lentement de cette jeune fille encore ingénue et aimante, à une femme d’affaire au sang froid qui finira elle-même par commanditer l’assassinat d’un membre de la famille de son mari.

 

 

© Sasha Onyshchenko

Dans ce ballet narratif absolument incroyable de détails et de subtilité, se mêle toutes les composantes de l’évolution de la psyché humaine et de l’exploration des pulsions violentes. Ente-mêlant amour, passion, colère, cupidité, jalousie et frustration, une génération entière défile sous nos yeux écarquillés. Les scènes se succèdent, dévoilant à la fois la vie intime des ces familles, les traditionnelles célébrations, les paillettes et les fastes de ces vies insolites, mais aussi les recoins sordides, les meurtres, les bagarres et les trafics. Dans ce feu d’artifice de personnages et de scènes hautes en couleur, la musique est elle aussi magnifiquement bien accordée. Le chanteur, interprété par le danseur Matthew Cluff, ponctue les événements dramatiques de ses shows en playback tirant sur le burlesque et ne lésinant jamais sur les paillettes.

 

Cet équilibre insensé, pétrissant les émotions du spectateur jusqu’à le livrer entièrement aux aléas des frasques créatrices qui se déploient avec une frénésie incessante, est incroyable d’ingéniosité et d’intuition. C’est un magnifique cadeau que nous font ici la créative Annabelle Lopez Ochea et les talentueux danseurs des Grands Ballets Canadiens.

 

 

 

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E.T. l’extra-terrestre sur grand écran à l’OSM https://www.polyscope.qc.ca/?p=16559 https://www.polyscope.qc.ca/?p=16559#respond Fri, 01 Jun 2018 20:09:11 +0000 http://www.polyscope.qc.ca/?p=16559  

 

Installez-vous confortablement, la période des ciné-concerts commence avec l’Orchestre symphonique de Montréal. Elle s’est ouverte en début de semaine dernière avec la présentation du film mythique de Spielberg : E.T. l’extra-terrestre.

 

 

 

© Amanda Smith

Pour cette occasion, c’est la chef d’orchestre Dina Gilbert qui a conduit l’OSM. Chef assistante entre 2013 et 2016 sous la direction de Kent Nagano, elle a notamment fondé son propre ensemble musical, l’Ensemble Arkea, un orchestre de chambre montréalais proposant des interprétations innovantes de la musique orchestrale. Se mettant aujourd’hui au service de la musique du compositeur John Williams, c’est avec un plaisir non dissimulé que nous nous sommes délectés des créations de ce génie de la musique de film. La bande originale du film de Spielberg est en effet inscrite au palmarès de Williams, palmarès qui regorge de bien d’autres trésors, comme les bandes originales des huit épisodes de La guerre des étoiles, des trois premiers de Harry Potter, du film Mémoire d’une geisha, ou encore de la comédie Maman, j’ai raté l’avion. Associé depuis maintenant quarante-cinq ans au réalisateur Steven Spielberg, il signe la musique de nombre de ses films à succès comme la série Indiana Jones, La liste de Schindler, Il faut sauver le soldat Ryan, Les dents de la mer, plus récemment Le bon gros géant et j’en passe.

 

E.T. l’extra-terrestre

Revoir aujourd’hui E.T. l’extra-terrestre, qui apparait pour la première fois sur les écrans en 1982 était un grand pari. Mais au-delà du frisson du retour en enfance enveloppé dans une expérience de musique live délivrant une atmosphère inouïe de gravité et de magie, il est surprenant d’admettre que ce film, usant des premiers effets spéciaux n’a rien perdu de son chien. Toujours à la page avec sa pointe d’humour décalé, on admire encore les expressions de ce petit extra-terrestre perdu sur terre et qui se lie d’amitié avec Eliott, cet enfant de 10 ans intrépide sur son vélo. L’expérience est un véritable lâcher prise dans cet univers surnaturel et empreint d’innocence qui raconte une histoire d’amitié aussi improbable que touchante et qui ne tombe, même après plus de trente ans, toujours pas en désuétude. On est heureux de retrouver cette famille aux liens si tendres, dont les chahutages viennent encore toucher le cœur du spectateur. On s’amuse à trouver deux ou trois défauts à la réalisation et à analyser les habitudes de l’époque pour évaluer ce qui a pu changer. Mais l’ensemble conquiert encore une fois son public et tous sont ressortis avec cet étrange sentiment de nostalgie associé à ce type de moments magiques qui nous fait si chaud au cœur. C’est un pari réussi donc pour l’OSM qui, fort de son succès, va certainement nous proposer davantage de séances de ce type à l’avenir.

 

 

 

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Roméo et Juliette : coup de foudre à l’opéra https://www.polyscope.qc.ca/?p=16548 https://www.polyscope.qc.ca/?p=16548#respond Fri, 01 Jun 2018 18:35:05 +0000 http://www.polyscope.qc.ca/?p=16548  

Présentée par l’Opéra de Montréal en cette fin du mois de mai, cette œuvre de Charles Gounod inspirée des écrits de Shakespeare fait toujours autant sensation. Avec son livret en cinq actes mis en page par Jules Barbier et Michel Carré, la pièce a été présentée pour la première fois au public à Paris en 1867, marquant le plus grand mais aussi le dernier succès de Gounod. Séduisant à l’époque les foules de l’Exposition universelle de Paris, ce chef d’œuvre n’a pas cessé depuis de capitaliser sur son succès.

 

 

© Yves Renaud

 

 

Aujourd’hui mis en scène par Tom Diamond, il est accompagné par l’Orchestre Métropolitain qui pour l’occasion se voit dirigé par le chef d’orchestre italien Giuliano Carella. L’ensemble de ces soixante-quatre musiciens collabore avec un chœur composé de quarante-six choristes, dirigés d’une main de maître par Claude Webster, qui fut également présent dans l’opéra JFK présenté pour la première fois au public cette année à l’Opéra de Montréal.

 

 

© Yves Renaud

 

Pour cette nouvelle mise en scène, l’opéra s’est doté d’interprètes de talent. On retrouve Marie-Ève Munger dans le rôle de Juliette. Sublime voix de soprano, qui malgré une déconvenue à la première qui l’annonçait en petite forme fut époustouflante. Ses envolées lyriques solitaires comme ses duos avec Roméo, interprété par Ismael Jordi, furent sublimes. Nous n’osons alors imaginer le niveau de sa performance si elle avait été au mieux de sa forme! Ismael Jordi, ténor espagnol, s’est également approprié d’une main de maître les partitions de Gounod, très modernes pour l’époque et loin d’être évidentes à porter à leur paroxysme. L’alchimie entre Marie-Ève Munger et Ismael Jordi est inattendue et prenante. Tant au niveau de leurs tonalités que dans leur jeu théâtral, ils semblent avoir été formés ensemble. Leur collaboration naturelle exalte leurs performances et confère à l’œuvre tout son caractère tragique, d’une gravité subtile qui prend le spectateur à la gorge. Incarnation d’une romance comme nous n’en voyons plus, le ténor Sébastian Haboczki (Tybalt), le baryton Hugo Laporte (Mercutio), la basse Alain Coulombe (Frère Laurent), la mezzo-soprano Katie Miller (Stephano), le baryton-basse Alexandre Sylvestre (Le comte Capulet) et la mezzo-soprano Alexandra Beley (Gertrude), se joignent à eux pour faire de cet hymne à l’amour intemporel, un chef d’œuvre toujours puissant à notre époque. Chacun tenant son rôle et le dépassant pour en faire ressortir tout ce qu’il y a de meilleur, la succession des tableaux offre une harmonie totale entre ses interprètes.

 

© Yves Renaud

 

 

Vous l’aurez compris, Roméo et Juliette clôt brillamment la saison 2017-2018 de l’Opéra de Montréal et nous fait languir d’impatience dans l’attente de la prochaine saison. Toute l’équipe a su ici fortement marquer les esprits et mettent la barre également très haute pour l’année prochaine, tout en se faisant annonciateur de sa qualité.

 

 

 

 

 

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Tapis rouge à la Ronde https://www.polyscope.qc.ca/?p=16525 https://www.polyscope.qc.ca/?p=16525#respond Sat, 26 May 2018 17:25:36 +0000 http://www.polyscope.qc.ca/?p=16525  

 

La Ronde nous a ouvert ses portes la semaine dernière pour nous présenter son tout nouveau manège familial : le Tourbillon.

 

C’est encore une joyeuse saison qui s’annonce pour ce parc Six Flags. Avec la réouverture de tous ses manèges et l’ajout de sa dernière trouvaille, avènement moderne du classique manège tournoyant.

 

 

 

 

 

© La Ronde

 

 

Les familles auront de quoi se réjouir cette année avec davantage de journées thématiques, parmi lesquelles nous retrouverons entre autres les Journées de la famille. Au cours des mois de juin et juillet auront lieu dans ce cadre la Journée des mascottes (9 juin), l’anniversaire de Ribambelle (16 juin), la Journée des grands-parents    (23 juin) et la Journée de la prévention et de la sécurité (25 juillet).

 

 

Nous pourrons également assister à l’International des Feux Loto-Québec, compétition pyromusicale la plus importante au monde qui se tient annuellement à Montréal depuis maintenant 33 éditions. Cette année, la 34ème édition se tiendra du 7 juillet au 8 août et regroupera des performances parmi le palmarès des feux d’artifice les plus spectaculaires au monde.

 

Viendront ensuite en septembre les weekends bavarois. Les 8 et 9 septembre, ainsi que les 15 et 16 septembre, les visiteurs pourront alors déguster un florilège de plats et breuvages issus de la tradition allemande. Musique et costumes seront de mise pour une ambiance tout à fait immersive.

 

Finalement, après une pause qui aura durer pas moins de 10 années, La Nuit Blanche sera finalement de retour entre les 21 et 22 septembre. Le parc ainsi que ses attractions resteront pour l’occasion ouverts toute la nuit, accueillant tous les visiteurs de plus de 18 ans souhaitant fêter l’arrivée de l’automne avec un goût d’aventure. La soirée sera ponctuée par les performances de DJs, artistes renommés et prestations musicales scénographiées. De quoi éclairer une nuit pleine de rebondissements.

 

Mais l’événement que nous attendons le plus de la saison commencera le 6 octobre. Il s’agit évidemment du Festival de la Frayeur. La Ronde va alors célébrer Halloween neuf jours durant, ainsi qu’à chaque weekend et le jour de l’Action de grâce. Zombies, démons et vampires seront alors de sortie pour nous faire goûter aux délices de l’épouvante et nous faire vivre des journées inoubliables.

 

© Valentin Pham

 

 

Nous avons testé pour vous les nouveaux manèges ainsi que la fonctionnalité des anciens. Il n’y a pas de doute, cette saison encore sera pleine de frissons ! Après avoir testé le Goliath sept fois d’affilées sans flancher, nous vous confirmons que la surprise et l’excitation qu’il procure est inépuisable, tout comme l’expérience que font vivre les attractions alentours ! Alors venez vite retrouver le bonheur du danger en toute sécurité et des nœuds dans le ventre qui se dénouent lorsqu’on laisse le manège nous emporter et que l’on baisse sa garde.

 

 

 

 

 

 

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Les chaises et les ovations https://www.polyscope.qc.ca/?p=16511 https://www.polyscope.qc.ca/?p=16511#respond Thu, 24 May 2018 02:54:28 +0000 http://www.polyscope.qc.ca/?p=16511  

 

Le Théâtre du Nouveau Monde a offert en ce mois de mai, un magnifique cadeau à son public déjà conquis : Les Chaises d’Eugène Ionesco.

 

 

Mis en scène par Frédéric Dubois et co-produit avec le Théâtre des Fonds de Tiroirs, cette pièce présente un tête-à-tête incroyable entre deux comédiens que leurs réputations précèdent : Monique Miller et Gilles Renaud. Ultime rendez-vous de la saison 2017-2018 du TNM, cette rencontre dans une réalité surréaliste, met en scène un couple d’un autre temps, aussi touchant qu’excentrique, soulevant à travers leurs histoires et leurs délires des questions existentielles qui nous touchent tous.

 

 

 

 

© Yves Renaud

 

Les deux protagonistes sont en fin de vie, vie qu’ils ont passée ensemble sur une île isolée de tout, hantée par le vacarme sourd du vent qui vient frapper leur logis si pittoresque. Ils sont en fin de vie mais ne perdent pas espoir. Lui a un message à faire passer au monde, elle, le soutient. Vivant dans une rengaine incessante faite d’une multitude de manies rituelles qui semblent les maintenir en vie, ils décident aujourd’hui que c’est l’heure. Cette heure fatale qui semble marquer le début d’une grande aventure comme la fin de leur monde, c’est heure où ils révèleront à tous le message que lui doit faire passer à toute l’humanité pour la sauver.

 

© Yves Renaud

 

Voilà alors leurs invités qui arrivent. Les chaises s’accumulent sur scène. Bientôt c’est l’espace entier qui est envahi. Mais tout reste en suspens car on attend l’Orateur. Celui qui délivrera le message, celui qui dira tout. Alors on se prépare, on s’installe, on discute. Dans cette pièce qui mêle absurde et humour noir, ces deux comédiens hors du commun font vivre une foule entière. Faisant danser les chaises au rythme de leur fantaisie, ils font ressortir ce qu’il y a de plus humain, au cœur d’un monde aux repères si absurdes.

 

Leur jeu est grandiose, dans une pièce de Ionesco dont les rôles sont si exigeants. Ils relèvent le défi avec brio et permettent aux spectateurs de se délecter des jeux de mots et des frasques ingénieuses de ce ponte du théâtre du XXe siècle, qui donna un élan à tout un pan de l’écriture théâtrale de son époque.

 

© Stéphane Bourgeois

Frédéric Dubois, amoureux de Ionesco, avait déjà remporté un franc succès avec sa mise en scène de Le roi se meurt en 2013 u TNM. Pour Les Chaises, il va d’ailleurs s’entourer de la majorité de sa précédente équipe et l’on retrouve tout le génie de sa collaboration avec entre autres, la scénographe Anick La Bissonnière, la costumière Linda Brunelle et l’assistante à la mise en scène et à la régie Stéphanie Capistran-Lalonde. Frédéric Dubois est d’ailleurs l’actuel directeur artistique du Théâtre des Fonds de Tiroirs, co-producteur de cette création.

 

 

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La tragique reine de la Main https://www.polyscope.qc.ca/?p=16504 https://www.polyscope.qc.ca/?p=16504#respond Wed, 23 May 2018 01:13:48 +0000 http://www.polyscope.qc.ca/?p=16504 Hosanna est une des œuvres les plus marquantes du dramaturge québécois Michel Tremblay. Présentée pour la première fois en 1973, la pièce aborde le thème de l’identité sexuelle, un sujet qui n’a rien perdu de sa pertinence.  La version anglaise de celle-ci, traduite par John Van Burek et Bill Glassco, a été présentée à Toronto puis sur Broadway à New York dès 1974. C’est cette version de la pièce qui est à l’affiche au Centaur Theatre, à Montréal, jusqu’au 10 juin.

La pièce raconte une nuit dans la vie d’Hosanna, un travesti montréalais, et de Cuirette, son amant. Hosanna, bouleversée, rentre dans son appartement de la Main, après avoir été humiliée par ses amies réunies dans un club pour une soirée d’Halloween. Cuirette tente de la consoler, mais avec peu de succès. Au courant des manigances du groupe, il n’a rien fait pour protéger Hosanna. La nuit avance et le couple plonge dans la discorde. Les vieilles blessures sont rouvertes et les ressentiments enfouis remontent à la surface sous l’effet de la fatigue et des émotions de la soirée.

La pièce fait avant tout le récit de la quête d’identité de Claude Lemieux, alias Hosanna. Claude souffre du décalage entre l’image de celle qu’il voudrait être et le rôle d’homme qu’il doit jouer au quotidien. Autrefois d’avant-garde, les questions d’identité sexuelle et d’identité de genre sont maintenant bien ancrées dans notre actualité, ce qui permet à cette œuvre, pourtant vielle de 45 ans, de conserver toute sa force et sa pertinence. Les (modestes) avancées des droits des personnes queer et trans permettent d’ailleurs une lecture contemporaine un peu différente  de l’œuvre. Claude, qui trouve refuge dans les soirées de Drag Queen, serait-il plus libre de nos jours d’être celle qu’il souhaite?

J’étais intrigué de découvrir une traduction de l’œuvre de Tremblay. Après tout, l’auteur est connu pour sa transcription fidèle du joual et de la culture québécoise. Le résultat est réussi. Le niveau de language est fidèle à celui de la version originale. De plus, la prononciation des noms à la québécoise est conservée, de même qu’une bonne quantité de sacres en français. Chapeau d’ailleurs aux comédiens : le criss des personnages sonne comme un criss de Tremblay et des années 70, avec un R bien appuyé. Pas de place pour nos sacres modernes et timides dans une œuvre de Michel Tremblay! Résultat, notre immersion sur la Main de 1973 fonctionne, même dans la langue de Shakespeare. La pièce, avec ses fréquentes allusions aux lieux fétiches de l’auteur (la rue St-Laurent, le parc Lafontaine), est avant tout montréalaise, ce que l’on ressent bien dans la présente adaptation.

Éloi ArchamBaudoin offre une excellente interprétation. Sa Hosanna est à la fois flamboyante, gracieuse et vulnérable. J’ai plus de réserves cependant en ce qui concerne le travail de David Chiazzese. On ne ressent pas, dans son interprétation de Cuirette, une certaine dureté, voire une cruauté, qu’on devrait retrouver chez le personnage. Certes, il ne s’agit pas d’un rôle totalement noir et il est évident que le motard aime toujours Hosanna. Cependant, le personnage a participé à son humiliation et avoue être parfois fatigué, voire dégoûté par son amante. Le Cuirette que nous livre David Chiazzese semble un peu trop doux, un peu trop aimable pour être totalement crédible.

La pièce vaut la peine d’être vue, ne serait-ce que pour découvrir un théâtre méconnu des montréalais francophones. Michel Tremblay n’a pas volé sa réputation et Hosanna, de par ses thèmes et son esthétique particulière, est une des œuvres les plus intéressantes de son répertoire.

(Crédit photo – Andrée Lanthier)

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La ballerine de verre https://www.polyscope.qc.ca/?p=16493 https://www.polyscope.qc.ca/?p=16493#respond Thu, 17 May 2018 16:56:41 +0000 http://www.polyscope.qc.ca/?p=16493  

 

Le Ballet national d’Ukraine nous a présenté ce mois-ci son adaptation de Cendrillon, conte populaire rendu notamment célèbre par ses versions de Charles Perrault et des frères Grimm.

 

 

 

© GrandsBalletsdeMontréal

 

Dirigés par la chorégraphe ukrainienne Aniko Rekhaviashvili sur les fantastiques airs de Prokofiev, les danseurs nous offrent une performance à couper le souffle et des personnages empreints de panache et de douceur. Ces tableaux, tout en subtilité, défilent, prenant appui sur la version du conte de Charles Perrault. Dans ce ballet classique en trois actes, c’est un véritable retour en enfance qui s’opère, entre les costumes scintillants, les jeux de lumières, les traits d’humour, la présence d’un corps de ballet harmonieux, s’exécutant à la perfection et de solistes aux enchaînements féeriques.

 

© GrandsBalletsdeMontréal

On notera particulièrement ici le rôle de la fée marraine, interprété par la danseuse Anastasiia Shevchenko qui a particulièrement retenu notre attention. Ses qualités de ballerine sont indéniables et marquantes. Elle interprète son rôle à la perfection et donne davantage envie de s’identifier à son personnage qu’à celui de Cendrillon. Les demi-sœurs, interprétées par Olena Filipieva et Mariia Tkalenko, présentent également des mouvements sublimant leur rôle grotesque et comique. Leurs danses en duo avec leurs prétendants sont à mourir de rire et réussir à présenter des mouvements aussi patauds avec autant de brio demande sans nul doute une technique extraordinaire. Il faut à ce titre saluer l’œuvre chorégraphique de Victor Litvinov. Ancien soliste pour le Ballet de l’Opéra de Kiev, il marqua son temps de ses performances emblématiques. Aujourd’hui maître de ballet pour l’Opéra national d’Ukraine, il nous offre un magnifique travail sur diverses œuvres du répertoire classique.

 

© GrandsBalletsdeMontréal

Finalement, et pour en revenir aux danseurs solistes, le prince (Iaroslav Tkachuk) et Cendrillon (Ganna Muromtseva) nous présentent également tous deux une très belle performance, mais s’avèrent tout de même moins lumineux que leurs acolytes. Le défi est en tout cas relevé avec brio et l’ensemble du ballet donne une délicieuse impression. On reste presque d’ailleurs sur notre faim, tant l’achèvement du conte se fait rapidement. Le dénouement semble ne prendre que quelques minutes et nous voilà déjà aux applaudissements.

 

 

Nous ayant déjà présenté le Mariage de Figaro au printemps dernier, nous pouvons espérer revoir le Ballet national d’Ukraine avec un nouveau programme l’année prochaine. Il laisse à chaque fois un souvenir indélébile dans nos esprits, marquant également nos cœurs d’une féerie enchanteresse. Le répertoire classique ne semble avoir aucun secret pour eux et la qualité de leurs représentations s’inscrit toujours davantage comme la marque de leur renommée.

 

 

 

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Sutra : une œuvre d’art en temps réel https://www.polyscope.qc.ca/?p=16477 https://www.polyscope.qc.ca/?p=16477#respond Sat, 12 May 2018 19:02:34 +0000 http://www.polyscope.qc.ca/?p=16477  

Présentée pour la première à Montréal par Danse Danse en 2009, cette œuvre de Sidi Larbi Cherkaoui a aujourd’hui conquis plus de 33 pays et 66 villes à travers le monde. Revenant en force cette année dans la programmation de Danse Danse, elle n’a pas perdu de son panache et propose une immersion spectaculaire dans la compréhension du mouvement chez les moines du Temple Shaolin.

 

 

© Danse Danse

 

Plus qu’une chorégraphie, ses interprètes nous présentent un art de vivre, cherchant sans cesse la conjugaison parfaite entre le corps et l’esprit. Remodelant l’espace scénique pour nous présenter un enchainement de tableaux, les 19 moines manipulent des boites en bois de deux mètres qui servent tantôt de cadre à leurs prouesses physiques, tantôt de support à l’imagination de Cherkaoui qui prend vit sous nos yeux.

 

 

© Danse Danse

La participation du danseur Ali Thabet porte le trait de génie de Sidi Larbi Cherkaoui. En effet, son rapport aux moines nous raconte une histoire pleine de pureté, de tendresse et de surprises. Leur communication corporelle est fameuse. Elle réussit à instaurer une atmosphère aux circonvolutions légères et riches de fraicheur qui mettent en forme et combinent des instants pleins d’humour et de spiritualité. Le jeu entre le tout jeune moine, le danseur et les moines plus expérimentés est tout bonnement génial. La chorégraphie aux allures théâtrale nous permet d’apprécier les prouesses techniques et délicates des moines, à travers une histoire pleine de charme, dont la subtilité est remarquable.

 

 

© Danse Danse

C’est un dessin éphémère de l’éternel que nous offre là Sidi Larbi Cherkaoui. Digne de l’expérience qui en fut la source d’inspiration. L’enfant chéri de la scène européenne est effectivement parti effectuer un séjour au Temple Shaolin, principal temple national bouddhiste, situé près de la ville de Dengfeng dans la province chinoise du Henan. Les moines y pratiquent un mélange de kung fu et de tai-chi tout en suivant une doctrine bouddhiste extrêmement stricte. Ce voyage d’une grande richesse humaine et spirituelle l’a convaincu de mêler ces pratiques d’arts martiaux à sa savante connaissance de la danse. C’est ainsi que Sutra a pris forme. Son titre trouve son origine dans le mot pali « sutta ». Sa traduction en sanskrit signifie également « fil ». Il est utilisé pour désigner l’ensemble des sermons du Bouddha, mais également les règles et aphorismes de l’hindouisme, qui viennent établir des lignes directrices d’une bonne conduite de vie hindoue.

 

 

© Danse Danse

Il est intéressant de constater que cette recherche d’harmonie et de paix intérieure, propre aux pratiques des moines du Temple Shaolin, sous-tend également le choix du titre de l’œuvre et transparaît dans l’ambiance et l’atmosphère que dégage chacun de ses tableaux. Cette pièce est une réelle prouesse technique, que ce soit au niveau de l’agencement de la chorégraphie que de la performance de ses interprètes. Petit bijou dans son écrin de sérénité, il donne envie de partir à la rencontre de cet univers et des contrées qui ont vu grandir ces moines. Les envies de voyage fleurissent et la rencontre est belle.

 

 

 

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Breath : immersion dans un absurde poétique https://www.polyscope.qc.ca/?p=16461 https://www.polyscope.qc.ca/?p=16461#respond Mon, 30 Apr 2018 13:56:04 +0000 http://www.polyscope.qc.ca/?p=16461  

Breath, c’est la rencontre de deux univers.

 

Celui du danseur-interprète finlandais Tero Saarinen, chorégraphe de talent issu du Ballet national de Finlande et ayant monté sa propre compagnie, la Tero Saarinen Company, en 1996. Artiste reconnu pour sa gestuelle unique issue d’influences multiples, allant des techniques de danse classique aux mouvements d’arts martiaux, il s’associe aujourd’hui à l’accordéoniste finlandais Kimmo Pohjonen, pour créer un univers singulier dans lequel leurs deux créativités se rencontrent et s’embrasent. Kimmo Pohjonen est lui reconnu pour avoir révolutionné l’art de l’accordéon. Ne faisant qu’un avec son instrument électrique, il l’accompagne de sa voix aux consonnances nasillarde et gutturale, pour produire des spectacles tout en jeux de lumières et sonorités. Excellant dans l’art de l’expérience performative multidisciplinaire, il a su se faire un nom à travers plusieurs tournées internationales, ses partenariats avec d’autres artistes de renom, mais également la production de plus d’une dizaine d’albums, qui atteignirent pour certains les premières places des palmarès.

 

© Danse Danse

Bien que se connaissant de renommée, ces deux artistes ont pour la première fois collaboré lors d’une improvisation effectuée en Chine, dans le cadre d’un grand festival visant l’internationalisation de l’image de la ville d’Helsinki. Cette expérience fut pour eux une révélation et ils cherchèrent, dès cet instant, comment approfondir cette relation artistique. Leurs expérimentations les menèrent à la création de Breath, grand défi pour chacun. En effet, bien qu’ayant déjà chacun collaboré avec d’autres artistes, ils n’étaient jamais sortis de leur zone de confort de cette manière. Cette création, qui mêle humour absurde, ambiance surréaliste aux accents inquiétants et fresques poétiques, les engage chacun à s’aventurer sur le terrain de l’autre. Ainsi Tero Saarinen va pour la première fois jouer avec les sons et faire entendre sa propre voix, comble pour un « performeur non-verbal ».

 

© Danse Danse

 

De son côté, Kimmo Pohjonen va explorer les possibilités de la danse et de son langage non-verbal, rien de facile lorsqu’on se déplace constamment avec un instrument de 20kg sur le ventre. Mais ce sont les risques qu’ils ont pris le parti d’assumer qui rendent cette œuvre si symbiotique dans l’énergie qu’elle dégage. Les performances artistiques de ces deux interprètes s’affrontent et se confondent pour offrir au spectateur un tableau aux reliefs qui l’agrippent et le piquent, pour mieux l’absorber hors du temps, dans une atmosphère poétique qui ne ressemble à aucune autre.

 

Il faut souligner que pour la conception de ce spectacle, ils ont eu accès à l’aide pointue de Mikki Kunttu, concepteur de lumières et scénographe, Tuomas Norvio, concepteur sonore, ainsi que Teemu Muurimaki, leur costumier.

 

Plus qu’une création unique en son genre que la saison façonnée par Danse Danse nous donne la chance d’apprécier, Breath est une rencontre de forces créatrices qui se subliment en tirant partie de leurs différences. Tero Saarinen dira : « nous sommes des âmes sœurs de par nos manières de travailler et de voir notre art et le monde » et je veux bien le croire. Nous avons effectivement l’illusion de faire face à des frères qui peuvent vivre pleinement leurs différences grâce à leur ressemblance essentielle.

 

 

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Le patin léger et la glisse talentueuse https://www.polyscope.qc.ca/?p=16453 https://www.polyscope.qc.ca/?p=16453#respond Mon, 30 Apr 2018 13:42:18 +0000 http://www.polyscope.qc.ca/?p=16453  

 

Début avril, Montréal a reçu la première mondiale de la nouvelle œuvre de Patin Libre : Threshold (seuil). Les représentations se sont déroulées dans le cadre de la programmation « hors les murs » de Danse Danse, à l’aréna Saint-Louis, dans le Mile End.

 

Patin Libre est une compagnie fondée par des patineurs artistiques de haut niveau, avec le rêve de consacrer leurs talents artistiques à une nouvelle forme de patinage… et c’est aussi simplement et naturellement que la « danse contemporaine sur glace » est née. Fondée en 2005, la troupe s’est au début consacrée à des spectacles de petite envergure lors de festivals et au partage de leur passion à travers des activités participatives. Mais très vite les choses s’accélèrent et en 2010 la troupe prend les visages des cinq patineurs qui feront connaître cette nouvelle formule de patinage au monde entier : Alexandre Hamel (fondateur, directeur artistique et chorégraphe), Pascale Jodoin (co-directrice et chorégraphe), Samory Ba (chorégraphe), Jasmin Boivin (compositeur, directeur musical et chorégraphe) et Taylor Dilley (agent logistique et chorégraphe). Les chorégraphies s’allongent, les tournées aussi et en 2014 ils présentent leur premier spectacle à Londres, Patineurs Anonymes, qui connait un vif succès et leur fait décrocher une résidence de création au théâtre Salder’s Wells de Londres. Ils produisent alors leur second spectacle d’ampleur international : Vertical Influences. Sorti en 2014, il sera repris par des présentateurs artistiques professionnels et sera constamment en représentation ou diffusion jusqu’en 2016. C’est sur la vague de ce succès que la troupe surf sans relâcher leur attention et surtout leur créativité. C’est ainsi que dès 2018, ils reviennent à l’attaque pour nous présenter Threshold.

© ROMAIN GUILBAULT

 

Spectacle immersif pour le spectateur qui est installé à même la glace de chaque côté de la patinoire, Threshold présente des séquences de longues glisses, entre-coupées de moments de folies, de figures, de ruptures, d’instants suspendus. On se laisse complètement prendre par ces expressions d’intense liberté qui portent en elles des éléments de fuites en avant, mais aussi d’abandon et de déchirement. Le temps s’arrête pour un moment, les lumières braquées sur la patinoire fait oublier tout ce qui l’entoure, on se retrouve seuls avec les patineurs et leurs mouvements qui nous absorbent à nous en faire oublier jusqu’à notre propre apesanteur. Cherchant approfondir cette « glisse » si chère à leur cœur, il tente à travers Threshold d’explorer le potentiel de cette technique libératrice, chorégraphiant un mouvement perpétuel à la cadence tout autant liée qu’imprévisible.

 

 

Cette nouvelle expression d’art qui s’offre à nous à travers les traits de ces cinq patineurs de haut niveau aussi décontractés que pointus dans leur performance est tout bonnement éblouissante. Ils donnent à voir tout ce qu’une performance réussie inspire : l’impression de facilité, la capitulation de l’esprit face aux gestes envoûtants, la puissance de la capacité créatrice infinie !

 

 

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Le bizarre incident du chien pendant la nuit https://www.polyscope.qc.ca/?p=16444 https://www.polyscope.qc.ca/?p=16444#respond Mon, 30 Apr 2018 04:14:53 +0000 http://www.polyscope.qc.ca/?p=16444 Le bizarre incident du chien pendant la nuit est à l’origine un roman écrit par Mark Haddon. Plusieurs en auront entendu parlé ou l’auront étudié dans le cadre d’un cours ; c’est en effet une oeuvre ayant un grand potentiel éducatif. Cette histoire est celle de Christopher Boone, un jeune autiste de 15 ans, qui décide d’entreprendre l’écriture d’un roman policier basé sur le meurtre du chien de sa voisine. S’inscrivent, à travers cette enquête, son parcours de vie, les réalités de son quotidien en tant que personne autiste ainsi que le drame familial dans lequel il est précipité.

 

Afin de juger de cette œuvre, il faut d’abord l’immerger dans son contexte social. L’autisme est une condition encore mal comprise dans notre société. En bref, c’est un trouble neuro-développemental se caractérisant par des difficultés de socialisation. Le film Rain Man est certainement sa représentation des plus anciennes mais également des plus connues alors qu’on assiste aujourd’hui à la création de séries telles Atypical ou The Good Doctor, toutes deux ayant comme personnage principal une personne atteinte d’un TSA (trouble du spectre de l’autisme).

 

Cependant, ces multiples représentations, qu’elles soient dans les médias ou alors au petit ou au grand écran, sont souvent remises en question. On critique souvent le fait que ces personnages ne sont pas assez représentatifs de la communauté autiste, entre autres par la combinaison de leur pronostic et du « syndrôme savant », répandant ainsi le stéréotype selon lequel tous les autistes sont doués de facultés intellectuelles extraordinaires. Cela dit, mis à part cette utilisation sensationnaliste récurrente, il reste que la population autiste est très hétéroclite et qu’il est ainsi difficile de bien représenter chaque individu. Sachant cela, il est assez délicat se s’engager dans la réalisation d’œuvres telles que cette adaptation : le jeu de l’acteur ne doit pas être trop stéréotypé ni trop léger, l’autisme ne doit pas être abordé comme un fardeau, etc. Malgré cela, cette pièce de théâtre a su bien équilibrer le tout et passer son message sans faux pas.

 

Parlons maintenant de son adaptation par le théâtre Duceppe, principal sujet de cet article. La mise en scène, par Hugo Bélanger, est exceptionnelle. Elle se démarque par son utilisation audacieuse de l’espace et des décors, par les multiples rôles des acteurs ainsi que maints effets sonores et projections. En effet, la mise en scène est loin du modèle classique de l’acteur seul sur la scène et sans autre médium que sa voie. Par l’utilisation de ces “effets spéciaux”, la scène acquiert un aspect visuel qui donne vie aux nombreuses images et représentations que l’on peut retrouver dans le roman original. Les décors sont simplistes mais révélateurs: des blocs sortant du sol sont tantôt des maisons, tantôt des bancs de trains alors que des valises se changent soudainement en phares de voiture.

 

Par-dessus tout, on doit saluer le jeu de l’acteur principal qui n’est rien de moins qu’extraordinaire. Sébastien René nous offre une performance à couper le souffle dans un rôle qui n’est certainement pas aisé à jouer. Ayant relu le roman récemment, le jeu m’a d’abord semblé surfait mais je me suis vite rendu compte que la différence entre le roman et son adaptation réside dans leur point de vue. Alors que dans le livre on se positionne dans la tête du jeune Christopher, une pièce de théâtre ne permet pas une telle chose. Ainsi, cette adaptation permet au spectateur non seulement de comprendre les enjeux de l’autisme mais aussi d’en être témoin et de les observer de manière concrète. Bien au contraire des représentations sensationnalistes, le jeu de Sébastien René est fort en ce qu’il nous confronte à nos propres préjugés et incompréhensions. Tics, mouvements stéréotypés, écholalie, crises : l’acteur n’essaie pas d’embellir son personnage, il l’interprète dans toutes ses différences, tout en gardant cette touche d’humour naïf propre à l’œuvre originale.

 

Alors qu’au début de la pièce les comportements du personnage principal faisaient rire, à la fin on les considère avec beaucoup plus de sérieux. Le but a t-il été atteint? Cette œuvre a t-elle permit de sensibiliser le public? Vous le saurez en vous levant de vos bancs d’école et en vous rendant au théâtre.

 

 

 

 

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Boucar Diouf, humoriste en 2018 https://www.polyscope.qc.ca/?p=16418 https://www.polyscope.qc.ca/?p=16418#respond Thu, 12 Apr 2018 01:45:14 +0000 http://www.polyscope.qc.ca/?p=16418 Dans ce show, Boucar Diouf nous raconte sa découverte du Nouveau Monde. Bien que son expérience est certes différente de Jacques Cartier, un principe demeure : le point de vue d’une personne provenant d’une culture différente.

À travers son histoire ayant la présence de son grand-père, de sa mère et des personnes qu’il a rencontré depuis son arrivée au Québec, de Gaspé à Montréal, d’autres faits historiques peuvent s’y lier. Le tout, avec des anecdotes personnelles parfois croustillantes, montrant que le ridicule ne tue pas.

Parler en québécois

Boucar nous montre la manière dont le québécois parlé peut être incroyablement drôle. Certaines expressions que nous utilisons souvent ont bien plus de points en commun avec l’eau qu’on ne l’aurait cru. Aussi, du point de vue d’une personne d’origine africaine, ce que nous appelons les « initiations » universitaires peuvent théoriquement porter une signification bien différente pour les non-initiés…

Un peu de culture, SVP

Boucar titille nos neurones sur les sujets tels que le climatoscepticisme, l’environnement et l’évidence que nous sommes tous des immigrants de quelque part à un moment donné et que nous seront de souche à un autre moment. Nous revisitons quelques aspects peu connus de l’histoire liés à la découverte de l’Amérique et du Québec, en plus de la colonisation qui s’en est suivi, au détriment des peuples autochtones.

Chanter

Nous avons l’opportunité de découvrir Boucar, le chanteur. Il nous interprète quelques chansons de son répertoire, notamment ce que sa mère lui chantait. Déjà que l’entendre parler dans ce show, ses paroles sonnent comme de la musique à nos oreilles! Et il se permet de trouver des prétextes pour exhiber ses talents vocaux encore peu connus.

Qualité versus quantité

Boucar n’est pas un humoriste prolifique. L’humour qu’il fait dans Magtogoek ou le chemin qui marche prend parfois un sens philosophique, contribuant à rendre son show plus marquant que d’autres chez les gens qui cherchent un sens à cette chose. Le show est hilarant tout le long, puis crampant vers la fin! Votre rate tiendra-t-elle un tel niveau de dilatation? C’est à vous de voir!

Visitez le site web de Boucar Diouf pour les dates de spectacle à travers le Québec, qui s’étendent jusqu’en août 2019.

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Entrevue avec Alain Ducharme https://www.polyscope.qc.ca/?p=16422 https://www.polyscope.qc.ca/?p=16422#respond Mon, 09 Apr 2018 15:52:07 +0000 http://www.polyscope.qc.ca/?p=16422 Quel a été votre cheminement académique?

Un cheminement très, très classique. On va taire ici le primaire dans une école tout à fait oubliable. Ensuite, au secondaire, je suis allé au Mont Saint-Louis et j’ai ensuite fait mes sciences pures au Collège de Bois-de-Boulogne. Je suis ensuite entré en génie physique à Polytechnique, puis en génie électrique et informatique à la maîtrise.

 

Pourquoi le génie physique?

Quand je suis entré à Polytechnique, c’était l’époque où il y avait un tronc commun. J’étais inscrit initialement en génie électrique, c’était comme un bon choix passe-partout avant de me décider. Après ma première année, j’étais encore intéressé par le génie électrique, mais il avait encore un peu la réputation, à l’époque, d’être le génie réparateur de réfrigérateurs. Donc ça me tentait moins. Par contre, je voulais fouiller un petit peu plus au niveau fondamental des choses. Ça s’est avéré être un excessivement bon choix, parce que lorsque j’ai commencé à enseigner à la maîtrise, je me suis rendu compte que j’aimais vraiment ça et le fait d’avoir fait mon baccalauréat en génie physique me permettait de devenir enseignant en physique au collégial.

 

N’avez-vous pas eu besoin de faire d’études supplémentaires pour aller enseigner?

Non, je vais mettre ça ici dans le confessionnal: je n’ai suivi aucun cours de pédagogie de ma vie. J’ai une tendance à penser que quelque part l’enseignement est beaucoup une question de capacités personnelles. Oui, tu peux apprendre à être un meilleur enseignant et évidemment tu peux t’améliorer et te développer comme enseignant; c’est ce que j’essaie de faire constamment. Cela dit, je pense qu’il y a une base qui est nécessaire au départ. Je pense qu’on a un certain tempérament, certaines attitudes. Il y a certains enseignants qui peuvent être d’excellents enseignants en étant introvertis, mais c’est sur qu’il y a une frontière de plus à traverser, c’est un petit peu plus difficile dans ce temps-là. Le fait de ne pas avoir suivi de cours de pédagogie a fait en sorte que j’ai dû commencer de manière tout à fait instinctive. Cependant, j’ai pu affiner ma technique avec les années.

 

Avez-vous fait des études à l’étranger?

Je n’ai pas fait d’études à l’étranger. Quand je finissais mon baccalauréat, je voulais savoir quelle direction prendre et j’ai demandé conseil à un des mes professeurs, Michael Bushman, puisque je savais que lui avait étudié au MIT et j’avais un autre professeur qui nous parlait du MIT comme la huitième merveille du monde. Il m’a dit que lui, il avait grandi en Saskatchewan. Partir étudier à l’étranger, c’était son billet pour partir de là. Il m’a dit que s’il avait grandi à Montréal, il ne serait sûrement pas parti. J’ai donc décidé de rester faire ma maîtrise à Polytechnique.

 

À quel point étiez-vous impliqué, dans le Polyscope?

Tu pourrais me demander si j’avais une vie à l’extérieur du Polyscope à l’époque! J’étais vraiment très impliqué. Ça été des années de ma vie qui furent formidables. Je suis entré au Polyscope à peu près dès ma première semaine, car notre chef-intégrateur était dans le journal et il nous a fait entrer. Ma deuxième année, je m’occupais déjà du spécial 30e anniversaire, qui a vraiment occupé mon année au complet, vu que c’était un numéro spécial d’une centaine de pages. La troisième année, j’étais rédacteur en chef, poste qui n’existait d’ailleurs pas avant. J’ai poussé pour mettre en place un poste de rédacteur en chef puisqu’il y avait seulement le directeur qui s’occupait de tout. J’ai profité d’un concours de circonstances: le directeur élu avait quitté Polytechnique pendant l’été et on avait donc un petit vide de pouvoir, duquel j’avais profité pour pousser l’idée que ça prenait un directeur pour s’occuper du comité et d’un rédacteur en chef pour s’occuper du journal; que c’était trop de faire les deux en même temps. Surtout qu’à l’époque nous étions un journal hebdomadaire, ce qui était assez fou.

 

On m’a dit que même maintenant, vous êtes impliqué dans des activités parascolaires. Je voulais savoir à quel point est-ce que vous arrivez à concilier travail, famille, passe-temps, etc.

Tu n’as pas dit le mot sommeil dans ta phrase et c’est une bonne chose! J’arrive à le faire. J’ai la prétention d’être quelqu’un qui travaille rapidement et efficacement. Donc je réussis quand même à me libérer du temps et agencer mon horaire en conséquence de ce que j’ai à faire. Effectivement, il y a eu des années où ça a été plus intense que d’autres, mais j’ai toujours eu plusieurs balles dans les airs en même temps. En ce moment j’organise un congrès littéraire et je suis en train de passer là aussi le flambeau à quelqu’un d’autre. Il y a un magazine électronique dont je m’occupe aussi. Donc il y a beaucoup de choses comme ça. J’ai aussi deux enfants de 10 et 13 ans et ils sont donc à l’âge où ils sont un petit peu plus autonomes.

Donc oui, c’est parfois difficile sauf que je ne me vois pas mener ma vie différemment, je suis juste incapable. Il faut que j’aie autre chose que l’enseignement, il faut que je m’occupe avec autre chose tout le temps. C’est un petit peu trop des fois mais bon on vit avec!

 

Est-ce ce qui vous motive dans votre travail?

En fait, c’est ce qui m’a fait choisir l’enseignement. Étant ingénieur de formation, je savais que si j’étais ingénieur aujourd’hui, mon travail allait accaparer une grande partie de mon temps. Ce n’est évidemment pas ma seule motivation. J’aime l’enseignement. J’aime la communication du savoir, j’aime cette relation là. Ma principale source de motivation reste les étudiants.

 

Est-ce que vous pouvez nous parler de votre passion pour l’écriture?

J’ai toujours été un fan de science-fiction et de fantastique et j’ai beaucoup développé mon écriture au Polyscope. Je savais en entrant à Poly que mon temps deviendrait limité et pour me forcer à écrire, j’ai parti un feuilleton qui est absolument mauvais, ridicule et rempli de jeux de mots abominables. J’ai tenu ça pendant au moins un an et demi, où j’ai fait au moins un épisode par semaine. C’est l’élaboration de l’édition spéciale du 30ème anniversaire qui m’a vraiment fait arrêter le feuilleton, vu que j’étais débordé. Outre cela, j’ai aussi écrit des éditos en tant que rédacteur en chef, j’ai aussi tenu une chronique d’opinion pendant un bout de temps.

Le Polyscope était pour moi une plateforme excellente. Il était assez lu pour que ça compte, mais pas assez pour que ça me reste collé à la peau plus tard.

Donc bref, l’écriture c’est quelque chose que je continue. Je me suis rendu compte dernièrement que les périodes de ma vie où j’allais moins bien, c’est les périodes durant lesquelles je n’avais pas pu écrire. Les deux vont souvent ensemble. J’ai besoin de ça.

J’ai surtout besoin de mettre un peu de moi dans ce que j’écris. C’est une excellente forme de thérapie. C’est une très bonne façon de réfléchir, de se donner de la perspective sur ce que l’on vit.

 

Auriez-vous des anecdotes à nous raconter?

Polytechnique en soi, je sais plus comment c’est. Moi je suis rentré en 1995 et c’était encore un endroit qui était plus grand que nature, où il y avait un vent de folie de manière continuelle. C’était un endroit d’excès, à tous les points de vue. Cela dit, dans les années 90, on s’était calmés par rapport aux générations précédentes. J’ai passé les archives du Polyscope et ce qui s’est fait avant nous était absolument incroyable.

Dans les années 70, il y avait un carnaval à chaque année durant lequel des équipes se formaient et réalisaient des exploits. Une des équipes avait volé le drapeau du Canada, qui était au sommet de l’édifice de la SunLife, dans le Vieux-Montréal, qui était gardé par la GRC et c’était en janvier 1971, quelques mois après la crise d’octobre!

Aussi, à l’époque, si tu étais impliqué à Poly, tu avais un surnom. C’était la norme. Ça faisait 20 ans au moins que la méthode des surnoms fonctionnait. On s’associait les uns par rapport aux autres à l’aide des surnoms. Encore aujourd’hui, je peux croiser des gens et je ne connais pas leur prénom, mais je me rappelle encore de leur surnom. C’est comme ça!

 

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Just’une chronique : Si vis pacem, para bellum. https://www.polyscope.qc.ca/?p=16472 https://www.polyscope.qc.ca/?p=16472#respond Fri, 06 Apr 2018 16:06:03 +0000 http://www.polyscope.qc.ca/?p=16472 À cette époque, j’étais encore un niaiseux, nous étions en 2012. Français ignorant des bonheur et des malheurs de la Sainte-Poutine, croyant benoîtement qu’il fût un «e», un jour, dans le sacre «tabarnakéen» que nous osons proférer jusque dans nos locaux de la Poly. En génie je n’étais point, en prépa je demeurais, vivais, travaillais, pleurais, riais, mangeais et j’étais pris d’une terreur soudaine. Oui, les concours d’entrée dans les écoles approchaient. Ils étaient là, prêts à engloutir de leurs voraces mains, les ambitions d’ingénieurs que nous osions proférer, nous autres, encore gamins. C’était à la même période de l’année. Peut-être que faire un parallèle avec les finaux qui s’en viennent peut être intéressant.

La peur gagne.

En effet, comment appréhender une période difficile, lourde de conséquences et plombée par une étude acharnée, de manière sereine? La réponse est évidemment subjective. Un jour, je me dis que je devais observer mes pairs pour comparer ma stratégie par rapport aux leurs. Suis-je bien avancé dans mon étude? C’est la question sous-jacente pour tout bon élève consciencieux, qui est souvent assorti d’un modeste «non, je suis en perdition», provenant bien souvent de ceux qui réussissent le mieux. Que faire alors, soupirai-je, penser que personne ne réussira ou penser que tout le monde va me surclasser? Je ne savais pas et cette réponse n’est aucunement triviale.

Alors, je décidai de prendre du recul. Un ami m’avait acheté pour ma fête, un mois plus tôt, un livre. Je n’avais pas eu le temps de le lire au vu de ma charge de travail en cette sombre époque. D’un pas hagard, miné par la caféine et le manque de sommeil, je me dirigeai vers ce grand cuir rouge. J’ouvris alors le livre, voyant une dédicace d’encouragement, qui m’était gentiment destinée. C’était «L’art de la guerre» de Sūn Zǐ, philosophe chinois du Ve siècle avant Jésus-Christ. Tiens, des décisions lourdes avant un combat incertain contre une copie m’attendent, pourquoi ne pas écouter les palabres de ce sage ancien?

Lire, c’est bon pour la santé.

Je lisais alors un paragraphe parlant du fait de toujours choisir une porte de sortie à son ennemi dans un combat. Fatigué, je me dis qu’il fallait trouver une façon d’appliquer ce conseil à la situation actuelle. C’est un peu délirant, je l’avoue mais trop de café et de révisions peut conduire à une hyperactivité cérébrale. Supposons que je sois un élève qui compose une copie en vue de réussir une épreuve. Supposons, également, que l’ennemi soit le sujet et mes soldats mes connaissances.

Le but de cette bataille est donc de cerner le sujet et de montrer au général ennemi, l’examinateur, que nous avons maîtrisé ses questions. Si l’on ne montre pas clairement une réponse à l’examinateur, i.e. un raisonnement, alors ce dernier cerné par des formules et des connaissances désorganisées n’aura qu’un seul choix. Acculé par vos troupes, il sortira son sabre pour se sortir de cet écheveau incompréhensible et… vous donnera un beau zéro. Pourquoi? Car votre stratégie n’a pas d’allure et que vous ne vous êtes pas projeté dans son esprit. Vu de chez vous tout fonctionnait, dans votre esprit mais dans le sien il n’a vu que la faille et le fourbi. Il ne vous a pas épargné : vous êtes vaincu. Un point pour maître Sūn. Mazette.

Le jour suivant, seul jour de repos de la semaine, une collègue me rendit visite. Cette dernière me dit son intention de réviser jusqu’au dernier jour avant les épreuves. Pis encore, elle me déclara vouloir se coucher à deux heures du matin la veille de la première épreuve. Ceci afin de faire tous les exercices possibles. Je rigolai. Elle me considéra alors comme un grand goujat d’un regard furieux. Mais je me ressaisis vite et lui lus un passage de «l’art de la guerre». Il était question de repos des troupes.

Repos, soldat.

L’idée est la suivante: peu importe le niveau d’entraînement ou de professionnalisme de l’armée, si les soldats sont en milieu hostile et sont fatigués, leurs erreurs de jugement vont mener l’armée à sa perte. Bravache, mon amie me répondit qu’elle avait sa méthode et moi la mienne et qu’elle réussirait mieux ainsi. Je l’implorai alors de se reposer deux jours avant comme moi, elle refusa. Mal lui en a pris : sa fatigue a eu raison de son esprit combatif. Heureusement, elle écouta maître Sūn pour les autres épreuves qu’elle réussit. Dormir c’est tricher, en somme, mais légalement.

Autre écueil dans l’appréhension des problèmes : la vision locale du débutant. À la guerre comme aux études, le novice se concentrera sur un détail du combat qu’il livre. Il se focalisera sur l’immédiateté de la bataille : la question qu’il compose. Bien souvent, en faisant ça, il se prive d’une vision plus large pouvant lui donner des informations cruciales sur la stratégie à adopter. Un général parlerait de placement des différentes unités de son armée; un élève parlerait des formules à utiliser et du temps à dispatcher. Un bon général ira sur un rocher surplombant le champ de bataille et ne foncera pas dans la mêlée sur une plaine (n’est-ce pas Montcalm?). Un bon étudiant lira tout son sujet et analysera ce que sa Némésis jurée, l’examinateur, attend de lui.

«De l’audace!» – Danton.

Une fois les objectifs identifiés et le cheminement de l’épreuve compris, on peut faire une chose exquise. Quoi? Bien évidemment, appeler René à la rescousse. Non, je ne parle point de l’évêque mais du scientifique, Descartes. Séparer le problème global en autant de sous-problèmes que nécessaire en suivant les informations que l’on nous donne et les connaissances apprises. Une fois ceci fait, une attaque coordonnée de votre méthode et de vos formules, le tout avec le renfort puissant de votre interprétation et de votre allié l’Esprit Critique vous donnera à coup sûr une victoire éclatante.

À la différence du général ennemi, le correcteur sera content de voir que vous avez compris. Malgré votre démarche encore quelque peu hésitante qu’il mettra sur le compte de votre noviciat en ces lieux naguère inconnus et lugubres pour vous. Certes l’art de l’apprentissage n’est pas guerrier, à l’instar de Socrate, vos professeurs, s’improvisant experts es-maïeutique essaieront assurément de faire naître l’esprit de leurs matières respectives en vous. Sans doute, appréciez-vous de voir quelqu’un animé par la passion de sa matière tenter de vous donner son virus? Nonobstant, la même personne peut vous paraître en marge de l’humanité lorsque vous devez lui prouver votre compréhension. Ayez l’esprit aiguisé et prenez du recul sur toute votre session. Ce que vous faites est aucunement évident et il est bien difficile d’estimer votre degré de compréhension sans basculer dans la psychorigidité la plus primaire. La transmission du savoir est noble; l’évaluation est cruelle.

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Poly décriminalise le temps partiel https://www.polyscope.qc.ca/?p=16415 https://www.polyscope.qc.ca/?p=16415#respond Tue, 03 Apr 2018 01:58:00 +0000 http://www.polyscope.qc.ca/?p=16415 Les faits actuels

Rappelons que l’article 6.2.2 du Règlement des études du premier cycle (Règlements des études du baccalauréat en ingénierie) restreignant sévèrement les études à temps partiel remonte à au moins 2002, d’après les archives accessibles sur le site Internet de l’École. Elle stipule notamment :

L’étudiant régulier du premier cycle doit s’inscrire à temps plein (minimum de 12 crédits). […] L’étudiant qui a des raisons particulières d’étudier à temps partiel à un trimestre donné doit le justifier par écrit au Registrariat , en joignant un document officiel pour cela (attestation d’employeur ou de médecin, par exemple).

Le changement annoncé

Après tant d’années qu’on s’en souvienne de ce dossier pour abroger cet article dudit règlement (c.-à-d. au moins deux ans), l’AEP a enfin eu un gain important pour les étudiants qui désireront étudier à temps partiel. Après avoir cheminé avec succès la cause auprès de 3 paliers successifs d’instances administratives de l’École (Sous-commission des études de l’ingénieur, Commission des études, puis Conseil académique) lors de la session hiver 2018, l’AEP a obtenu de la personne morale « Polytechnique Montréal » la promesse d’abroger effectivement ledit article 6.2.2 du Règlement des études du premier cycle dès l’automne 2018.

Comment y arriver?

Il faut comprendre qu’avec une bonne préparation du dossier à soumettre, avec tous les documents et les arguments, le travail de l’AEP pour faire avancer ce dossier était pourtant irréprochable. Par exemple, documenter les règlements des études dans les autres écoles et facultés d’ingénierie au pays et les règles du Bureau canadien d’agrément des programmes de génie (BCAPG) régissant tous les programmes en ingénierie au Canada a permis d’établir les bases de la réclamation. Mais officieusement, le vrai facteur qui a permis de débloquer effectivement ce dossier est en fait entre les mains de la politique! En effet, la politique, c’est le pouvoir qui est entre les mains des seules gens qui ont le pouvoir de décider de la continuation ou de l’arrêt de mort d’un dossier. Sachant cela, allez donc voter et faire votre devoir au sein d’une démocratie si vous désirez avoir une influence!

Or, cette année 2018, la politique était récemment constituée d’êtres humains ouverts et sympathisants à la cause et qui voient l’inutilité dudit article 6.2.2 qui remonte à plus de 16 ans.

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Quand mourir réveille des consciences…ou pas (encore) https://www.polyscope.qc.ca/?p=16403 https://www.polyscope.qc.ca/?p=16403#respond Tue, 03 Apr 2018 01:55:48 +0000 http://www.polyscope.qc.ca/?p=16403

Mise en situation

Athena Gervais, élève à l’école secondaire Poly-Jeunesse à Laval, est décédée. Avant même la publication du rapport du médecin légiste, on soupçonne déjà que la cause du décès est la boisson alcoolisée et caféinée FCKD UP dont elle a ingurgité plus d’une canette avec ses amis avant d’être portée disparue. Plus tard, on retrouve son corps dans un ruisseau derrière son école secondaire. Puis il y a un tollé médiatique impliquant des représentants du groupe Geloso (fabricant québécois de la boisson FCKD UP) et l’entreprise américaine Phusion Projects (fabricant de la boisson Four Loko) qui disent arrêter la vente de leur boisson respective au Québec définitivement pour l’un et temporairement pour l’autre.

Boisson FCKD UP : J’accuse…!

J’accuse le groupe Geloso d’avoir fait appel à un groupe de rap populaire chez les adolescents pour mousser le lancement de sa boisson FCKD UP auprès des jeunes admirateurs, et non « pour les jeunes de 18 à 25 ans » comme avait prétendu la chef de produit Jennifer Mantha à La Presse, et encore moins ce que déclarait le président Aldo Geloso à La Presse en disant que le produit « s’adresse à tous les âges ».

« Un produit ‘‘quand même assez fort’’ et ‘‘super accessible’’»

– Jennifer Mantha, chef de produit du groupe Geloso

J’accuse le groupe de rap Les Anticipateurs d’encourager ses admirateurs adolescents à consommer cette boisson dont les experts en santé publique s’accordent sur sa dangerosité pour la santé, surtout celle des adolescents.

J’accuse la présidence du groupe Geloso, « malgré [ses] réticences initiales » disait le président de Geloso, d’avoir fait fi de son sens moral et éthique en affaires pour mettre de l’avant le profit monétaire de la vente de la boisson FCKD UP, au dépit de la santé des adolescents qui sont à un stade crucial de leur développement physique et mental, et donc de leur santé.

J’accuse Santé Canada d’avoir un Règlement sur les aliments et drogues qui stipule une chose et son contraire, c’est-à-dire qui interdit l’ajout de caféine à toute boisson alcoolisée, mais qui permet d’ajouter dans certains cas certains ingrédients contenant naturellement de la caféine (p. ex. le guarana et le café). La porte-parole de l’Association pour la santé publique du Québec Émilie Dansereau-Trahan disait en octobre 2017 à La Presse : « La présence de guarana est inquiétante, car on sait que le mélange d’une boisson énergisante avec l’alcool masque les effets de l’alcool. Cette combinaison augmente l’adoption de comportements à risque, notamment celui de prendre le volant alors qu’on a les facultés affaiblies par l’alcool. »

« Ingurgiter une cannette et demie de FCKD UP de 568 ml à 11,9 % d’alcool en quelques minutes revient à caler environ une bouteille de vin de 750 ml, à 12 % – ce que l’on fait rarement dans la vie de tous les jours. »

– Billy Eff, VICE

J’accuse les propriétaires des dépanneurs et d’épicerie d’avoir manqué non seulement de jugement, mais aussi d’avoir manqué de gros bon sens, pour avoir laissé un tel produit alcoolisé se vendre sans carter les personnes d’âge mineure.

Trop peu trop tard

Le président du groupe Geloso, Aldo Geloso, a dit : « Avec le recul, je crois que c’était une erreur d’entrer dans cette catégorie pour faire concurrence à Four Loko, ce produit n’aurait jamais dû exister et sa mise en marché était une erreur. » Trop tard!

Comme si de rien n’était

Le 4 mars 2018, le groupe Deloso a indiqué qu’il arrêtait la production de sa boisson. Mais en date du 21 mars 2018, soit 2 semaines plus tard, des dépanneurs tentent toujours d’écouler leur stock de boisson FCKD UP que le groupe Deloso n’a vraisemblablement pas récupéré.

Système de justice FCKé

Il y a eu un mort et plusieurs entités en sont responsables. Mais contrairement à un meurtre ou un assassinat ou certains autres crimes causant la mort, on ne verra personne sur le banc des accusés et les proches de la défunte Athena Gervais n’obtiendront probablement pas justice comme on l’entendrait. Il y a des organismes gouvernementaux et paragouvernementaux, et des entreprises privées entre qui la responsabilité est partagée de façon que la Justice n’a pas assez de doigts à qui pointer des accusations ou n’a pas le bras assez long pour les tirer par les oreilles. Et quand la responsabilité est partagée entre les individus, on assiste au fait que tous ces individus portent la responsabilité et aucun n’est responsable simultanément.

Toute cette histoire semble loin d’être finie. À suivre…dans les médias de masse.

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Entrevue avec Patrice Farand https://www.polyscope.qc.ca/?p=16398 https://www.polyscope.qc.ca/?p=16398#respond Wed, 28 Mar 2018 02:45:25 +0000 http://www.polyscope.qc.ca/?p=16398 Pourriez-vous nous expliquer le but visé par la chaire en enseignement et apprentissage du génie  IMPACTG?

Le grand objectif de notre chaire, c’est de développer des outils pour rendre les étudiants encore plus actifs dans les classes et de contribuer à diversifier les formules pédagogiques utilisées dans les classes. Autrement dit, tous les projets réalisés dans le cadre de la chaire sont orientés pour favoriser la réussite des étudiants. Nous nous préoccupons donc tant de l’apprentissage que de la santé mentale des étudiants. Soit on va toucher l’aspect plus académique; faire bouger les étudiants en classe avec des activités de pédagogie active, soit de l’autre côté, l’aspect d’encadrement, et faciliter leur passage à Poly.

On est également très pragmatiques dans ce qu’on fait. Il est vrai que l’on fait de la recherche, des publications, mais notre but c’est que tout ça, ça rejaillisse concrètement sur les étudiants. Ce n’est pas juste théorique ce qu’on fait.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à créer cette chaire?

Ce qui nous a poussés, mon co-titulaire, le professeur Michel Perrier et moi, c’est que nous sommes tous deux passionnés de pédagogie, mais aussi de relations pédagogiques, soit les relations avec les étudiants. On voit bien qu’il y a énormément de choses qu’on peut faire pour aider les étudiants, faciliter leur cheminement à Poly, mais essentiellement c’est la passion pour la pédagogie qui nous anime tous les deux.

 

Il me semble que vous avez étudié là-dedans aussi?

Oui! J’ai une maîtrise en pédagogie de l’UdeM, d’où l’intérêt effectivement d’utiliser tout ça pour aller encore plus loin avec la chaire.

 

Quels sont les initiatives qui ont déjà été mises en place pour atteindre le but de la chaire?

Au niveau des étudiants, ce qui est le plus perceptible actuellement c’est l’étude qu’on fait sur la charge de travail des étudiants. C’est le premier projet qui, je dois dire, n’était pas prévu dans le plan de la chaire au départ, mais c’est une demande qu’on a eue de la VP-Éducation de l’AEP.

On est vraiment à l’écoute des étudiants, s’il y a des préoccupations auxquelles on n’a pas pensé et qu’ils viennent nous en parler; ça nous fait plaisir. On a mis énormément d’efforts là-dessus cette session et on est présentement en train de faire une deuxième collecte de données. Ça c’est le projet qui est vraiment en route, mais aussi qui est visible auprès des étudiants.

Un autre énorme projet sur lequel on travaille, c’est la conception de vignettes de pédagogie active. Ça se destine aux professeurs qui se demandent quelles activités ils pourraient ajouter à leurs cours pour rendre les étudiants plus actifs. Des fois, ils ne savent pas, ils n’ont pas nécessairement le temps d’aller s’informer sur le sujet. On est donc en train de concevoir une base de données qui sera disponible en ligne, sur un site ouvert à tous, que les profs vont pouvoir aller consulter à partir de critères de recherche. Par exemple, pour un prof qui a 10 minutes et une taille de groupe de 80 personnes, la base de données va lui retourner quatre ou cinq vignettes, qui sont des idées qui décrivent clairement quoi faire avec les étudiants. Donc ça, ça va favoriser la pédagogie active.

On a un troisième projet qui est en route, soit de faire un livre numérique sur les 40 ans de la pédagogie à Polytechnique. On y relate l’histoire pédagogique de Poly, mais aussi comment cette histoire s’inscrit dans le développement pédagogique du Québec d’un point de vue universitaire. On a embauché un historien qui travaille avec nous pour développer ce projet là.

 

À quel point prendrez-vous en compte l’avis des étudiants? N’avez-vous pas peur que le baccalauréat ne devienne trop facile et que la transmission des connaissances nécessaires à la profession ne perde de sa qualité?

Non! La charge de travail n’est pas reliée aux notions comme telles ou aux connaissances. C’est essentiellement relié à tous les travaux que les professeurs vont demander, mais pas uniquement au nombre. Dans la charge de travail, il y a le travail réel que tu fais, mais ce qui a le plus d’impact sur ta motivation et ton stress, c’est ta perception de la charge de travail.

Les étudiants à Poly ont une perception d’une grande charge, ce qui a des impacts négatifs au niveau entre autres de la santé mentale. Ce qu’on veut faire, c’est de donner concrètement aux étudiants, aux profs, aux départements et à l’école des recommandations. Un exemple de recommandation pourrait être une meilleure coordination des dates des évaluations pour les cours suivis lors d’un même trimestre. Là, on ne parle pas d’enlever des concepts ou des heures de cours ou des travaux, mais juste de mieux les répartir dans la session et ça, ça va contribuer à diminuer la perception de la charge de travail. En bout de ligne, tu vas travailler le même nombre d’heures, mais la perception de «rush» est atténuée. Donc non, ça ne va pas diminuer du tout la valeur du baccalauréat ou le niveau de ce qui est vu. Ce que ça aura comme effet, ce sera plutôt d’aider la santé mentale des étudiants, entre autres en gérant un peu plus comment les évaluations sont distribuées dans le temps.

 

Pourriez-vous nous expliquer le concept de classe inversée ainsi que les bénéfices de cette pédagogie?

Le mot inversée vient du fait que la théorie, qui auparavant était vue de façon traditionnelle en classe, est maintenant vue à la maison. Le temps que ça libère en classe sera donc utilisé pour faire des éléments qui traditionnellement étaient faits à la maison, comme de la résolution de problèmes ou des travaux plus complexes.

Ce que ça a pour énorme avantage, c’est que ça rend les étudiants plus actifs en classe. Dans un mode traditionnel, le professeur va parler et parler, les étudiants vont prendre des notes ou pas. Là, si je vous donne des travaux, si je circule, on travaille en équipe, on échange des copies et on vient écrire au tableau, on est tout le temps dans l’action. C’est plus engageant pour l’étudiant.

Aussi, ça utilise plus les compétences du professeur. Si je te répète la même chose qui est dans un livre très bien conçu, je n’apporte pas vraiment de plus-value; tu es capable de lire par toi-même. Ainsi, il vaut mieux prendre ce temps-là à la maison avec des ressources qui remplacent la partie théorique. Les compétences du prof sont pas mal mieux utilisées lorsqu’on résout des problèmes complexes en classe. Souvent, l’image que j’utilise, c’est que le rôle du prof se transforme. On passe un peu plus d’un rôle de transmetteur d’information à celui de guide et d’accompagnateur.

 

Certaines de ces idées ont-elles déjà été mises en place à Poly?

Les classes inversées existent déjà dans certains cours à Poly, comme le cours de chimie générale en année préparatoire, qui est sous ma coordination. On a développé toutes les vidéos et le matériel nécessaire pour pouvoir le suivre entièrement à la maison. Les étudiants viennent ensuite en classe et ils appliquent la théorie à de la résolution de problèmes et à des discussion, des débats.

Le même principe sera aussi utilisé en génie chimique à l’automne prochain dans le cadre du cours d’Analyse des procédés et développement durable. Cet été, on va embaucher une étudiante qui va bâtir des capsules théoriques, des vidéos. On va quand même garder le 5 heures contact en classe, pour résoudre bien plus de problèmes qu’avant et même aller à un niveau supérieur. Ce qui est important, c’est que le tout se fait sans augmenter la charge de travail. À la maison, l’étudiant va voir toute la théorie, il ne devrait plus lui rester de temps à mettre sur les exercices. Tout le temps d’exercices, c’est en classe. S’il travaille bien pendant les cinq heures, il ne devrait plus lui rester quoi que ce soit à faire à la maison. L’inversion ne doit pas correspondre à l’ajout. C’est vraiment deux morceaux qu’on inverse, sans rien ajouter au casse-tête.

 

Pouvez-vous nous parler plus en détail de l’école d’été en pédagogie du génie?

Oui! C’est la première fois que ça va se faire à Polytechnique et j’en suis très heureux. L’école de cet été aura une durée de deux jours et demi. Nous allons concrètement travailler sur des problématiques vécues par les profs au niveau de l’enseignement. Cette école s’adresse à toute personne qui enseigne au niveau universitaire. C’est sûr que les sujets abordés seront plus teintés ingénierie, mais j’ai des invités qui proviennent entre autres du CÉGEP et qui vont faire des conférences. Il y aura cinq grands sujets, cinq morceaux dans notre école d’été. On va faire des ateliers, on va travailler et on va partager ensemble, pour qu’à la fin, tout le monde ressorte avec des outils très concrets. Il faut voir l’école d’été comme une boîte à outils pour les gens qui vont la suivre.

Par exemple, pour le premier avant-midi, le sujet s’appellera «Des petits gestes qui comptent». On va parler de la relation que les professeurs ont avec leurs élèves en classe. Par exemple, on va leur demander des exemples de phrases qu’ils utilisent et qui motivent leurs étudiants, mais aussi des exemples qui les démotivent, phrases qui sont souvent dites inconsciemment. C’est clairement démontré qu’avec une seule phrase, il est possible de démotiver toute une classe. Avec une seule phrase! Mais c’est aussi le cas pour la motivation et ça, les profs ne s’en rendent pas toujours compte.

 

Le maître d’enseignement Patrice Farand est également l’un des fondateurs du comité vigilance de génie chimique, ayant pour but de guider les étudiants qui vivent différents types de difficultés, qu’elles soient d’ordre académique, financier, personnel ou autres. Composé également des professeurs Nick Virgilio, Michel Perrier, Louise Deschênes, Jason R. Tavares et Marie-Claude Heuzey ainsi que de représentants des étudiants, le comité a été mis en place cette année. La création d’une page Moodle contenant de multiples ressources permet au comité d’atteindre l’un de ses mandats, soit d’agir comme courroie de transmission entre le SEP et les étudiants.

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Le Syndrome de Stockholm https://www.polyscope.qc.ca/?p=16392 https://www.polyscope.qc.ca/?p=16392#respond Tue, 27 Mar 2018 20:00:22 +0000 http://www.polyscope.qc.ca/?p=16392 Synopsis

La veille de son mariage, Marc rejoint ses amis Pierre, Nico et Adèle dans le manoir familial de leur père Johnny Rose, une ex-star du rock, à la retraite forcée depuis l’invention de la techno. Rapidement rejoints par d’autres amis, les voici prêts à en découdre avec quelques bonnes bouteilles, du bon son et un enthousiasme à toute épreuve. Mais les choses vont brusquement se compliquer quand Élise, l’ex petite amie de Marc, va s’inviter à la partie avec un seul et unique but en tête : le récupérer !

Bref, si vous êtes amateurs de soirées entre potes, de culture, de confiture, de bavardages, de badinages, et de digressions massives autour du syndrome de Stockholm, cette pièce est faite pour vous !

Vous découvrirez aussi pendant la soirée le sketch « A Portée de Main » de Anny Daprey, qui compte plus de bonne humeur et de jeux de mots que vous avez probablement osé en faire dans toute votre vie ! Et pour cause, il met en scène les cinq doigts de la main gauche de la mariée qui discutent ensemble. Ils sont inquiets, le marié a du retard…

L’image contient peut-être : 6 personnes, personnes souriantes, personnes debout

Relations humaines

Dans cette ambiance festive, on fait la connaissance de la famille Rose à la tête de laquelle Johnny Rose, star déchue du Rock ’n-Roll, exerce une influence étouffante en tant que chef de famille. C’est un père autoritaire, victime de son succès puis de sa chute en tant qu’artiste. Il en garde d’ailleurs un souvenir amer et le fait bien sentir à son entourage car il respecte le succès professionnel plus que les qualités humaines des protagonistes. Son regard carriériste affecte particulièrement ses enfants, qui cherchent à être aimé de ce père si dur. Ainsi Adèle et Nico, respectivement cadre hyperactive et professionnel fêtard, s’attireront le regard bienveillant de Johnny, qu’ils prendront pour de l’amour paternel. Tandis que Pierre, écrivain raté et son beau-frère Thierry, geek de métier, ne récolteront que du mépris et de l’incompréhension. Pourtant, cette exaltation du succès rend la plupart de ces personnages aveugles : à vouloir en mettre plein la vue avec leur réussite, ils cachent leurs problèmes et leurs vrais sentiments. Adèle est au bord de la rupture avec Thierry, chez Nico, un homme en détresse affective se cache derrière cette façade de dandy et surtout, Johnny cache un lourd secret derrière sa sévère figure de père méprisable. Personne n’ose s’afficher réellement et par leur orgueil, ils se gênent mutuellement et gardent en eux un ressentiment montant, prêt à exploser. Mais les personnages sont attachés entre eux par les liens familiaux et bien qu’ils soient en colère les uns envers les autres, ils ne peuvent pas s’empêcher de s’aimer : ils sont victimes du Syndrome de Stockholm.

De façon similaire, vous arrive-t-il de croiser ces personnes qui rêvent davantage à réussir au travail, plus que dans leurs relations? Ces gens qui oublient la richesse du contact humain. Ceux, frustrés, qui sont jugés sur leurs performances scolaires quand ils aimeraient partager leurs talents, leurs émotions ou simplement leur avis. Bref, connaissez-vous dans votre entourage des victimes, à la fois otages et dépendantes du regard des autres, du succès et de l’orgueil? Des victimes du syndrome de Stockholm ? Polythéâtre vous propose donc cette ‘’mélodie dramatique en sept pistes’’, pour finir la session sur une note de bonne humeur en dansant au son de Blur Indochine et Patrick Sébastien. Bref courrez voir sans hésiter cette pertinente comédie pour méditer avec humour le regard sur notre entourage.

 

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Just’une chronique : de l’autre côté de la ligne https://www.polyscope.qc.ca/?p=16382 https://www.polyscope.qc.ca/?p=16382#respond Tue, 27 Mar 2018 17:44:45 +0000 http://www.polyscope.qc.ca/?p=16382 «Mais quoi! Un temps homogène à des radians par seconde au carré et négatif en plus, déclamai-je, imbu de mon savoir, face à une copie. Mais c’est quoi ce bazar!». Aussitôt, un rire provenant du doctorant à gauche de mon bureau me confirma l’absurdité de cette réponse qui figurait sur la quarante-et-unième copie du paquet. Nous étions dans un laboratoire du pavillon Lassonde, il était dix-huit heures, durant le mois de décembre dernier. Je venais de finir de travailler sur un de mes projets de fin de session, de faire une autre correction de devoir maison (80 copies) en sus d’avoir rempli un des objectifs de recherche. Oui, tout ceci ce jour-là. Oui, en restant dans le même laboratoire, aux courtes pauses café près (au quatrième du principal), afin de garder la raison.

En reposant cette copie, je me dis que ma remarque était un peu cruelle. Faisons donc des hypothèses. Peut-être que ce jeune (ouais, du haut de mes vingt-trois ans) bachelier de troisième année de génie électrique n’avait pas à corriger plus de deux cent copies en ce mois de décembre? Probablement. Mais peut-être était-il victime d’un des ces horribles projets? Peut-être était-il fatigué ce jour là? Les questions trottaient dans ma tête, je sentais que ma tension chutait lentement : les joies du sommeil cumulé. Vite, Justin, où est donc ton café?! Le voici. Je le versai alors goulûment dans mon gosier mais la tasse était vide, vide comme les autres questions de cette copie. Que faire? Réfléchis-donc, idiot de Français, non, franchement tu n’es pas en état d’attaquer les quarante-sept autres copies du tas… Ah! Minimum d’incertitude détecté, convergence de l’algorithme de décision : va donc à la machine à café!

Le correcteur face aux choix.

Alors je me mis en route, dans ces couloirs verts où une équipe munie d’une caméra s’amusait gaiement. Haha, les joies des médias modernes, qui préfèrent logiciels de montage et fond vert au lieu de faire des vrais voyages : on ne sait plus bien décortiquer les images aujourd’hui.

Tiens, en parlant d’information, quel est le message que je veux envoyer à mes élèves, puisque mon but est strictement pédagogique? Et là un intranchable dilemme surgit et me frappa de plein fouet. Comment, au bout de cent vingt copies du jour, corriger de la même manière? De plus, comment donner sa chance à l’élève ayant l’idée mais dont le formalisme présente quelques lacunes? Arrivé au tunnel, je me heurtai à la porte qui sépare les pavillons: elle s’était refermée, mes réflexes ayant diminué avec ma fatigue. Belle illustration de ma pire hantise pour mes élèves: les sanctionner car mon angle de vue est trop obtus, être dans l’incompréhension de ce qu’ils n’ont pas compris.

Être rapide et méchant, c’est la voie la plus facile, celle qui vérifie les applications numériques et une conformité parfaite au corrigé : si on s’en écarte, le barème est automatique. Simplicité, impartialité et… robotisme, tabarouette! Je ne choisirai pas cette voie. La raison est bien simple : les élèves sont des humains, des ingénieurs et non pas des machines à calculer qui utilisent le même procédé à chaque fois. En maths comme ailleurs, il peut exister quarante façons de prouver un résultat de manière légitime. Tout dépend des hypothèses que l’on se donne et du nombre d’opérations logiques que l’on s’autorise.

L’autre méthode, est évidemment celle que j’ai adopté, regarder le raisonnement et uniquement le raisonnement. Si le cheminement logique menant au résultat me semble faux, regarder pourquoi. Quel est le degré d’étourderie? Une erreur de signe? Fortement probable, en condition d’examen, soyons cléments. Une erreur de recopie? Et dire qu’ils s’échinent à recopier dix chiffres significatifs, alors que deux suffisent… Soyons donc miséricordieux. Une erreur d’hypothèse et de raisonnement? Est-ce de l’étourderie ou de l’escroquerie? Si le deuxième cas s’applique, pas de quartier. Un résultat juste numériquement mais sans justification? Suspect, dans le doute, gratifions cette copie d’un trait rouge au bon endroit. Assortie du bon nombre de point, ça va de soi.

Êtes-vous un robot ou un humain?

En ce qui concerne le dernier point, sachez qu’un bon correcteur doit dans l’absolu respecter les justifications de chacun, les examiner et savoir si elles sont légitimes. En effet, je suis bien placé (européen) pour savoir qu’à Polytechnique, quelques notations, appellations ou théorèmes diffèrent d’autres universités. Des fois, une réponse abracadabrantesque de prime abord peut être en réalité juste, voire même innovante.

Il m’est arrivé de passer sous silence des petites étourderies au profit d’un raisonnement qui valait la peine d’être encouragé. Si l’élève a compris, soyons heureux et récompensons-le. Ne soyons pas dans cet état d’esprit idiot et puéril de la part de correcteurs qui est de crier à la faute à la moindre occasion. Lever un point si l’élève a oublié un petit coefficient dans le trentième élément de sa matrice. Rentabiliser son stylo rouge acheté à la Coop, en disant «Ha! Je t’ai eu, gredin!». Tout ceci pour ne pas mettre les 100%.  Je parle d’expérience.

En revanche, un élève qui balance les résultats de son formulaire, garochant négligemment les formules sans aucune justification n’est pas dans un bon état d’esprit, à mon avis. Ou pire encore, ne faisant qu’une application numérique sans donner d’autres éléments au correcteur que les chiffres, s’expose à des corrections drastiques si il fait une unique erreur de recopie.

L’ai-je déjà vu? Certainement des centaines de fois, et pourtant, écrire juste une petite ligne de plus peut faire quadrupler votre note à une question. Est-ce vraiment rentable de ne pas l’écrire pour traiter une autre question de manière (trop) rapide? Ne vaut-il pas mieux se focaliser sur les points que l’on maîtrise pour donner une bonne image au correcteur? Ce dernier sera sans doute plus clément pour la suite alors? C’est ma conviction, mais chacun est libre d’en décider.

Soyez critiques face aux murs du savoir!

J’ai eu également le privilège d’être répétiteur dans des laboratoires et de voir à l’œuvre certains des élèves. Bien souvent, je me retrouvais face à des élèves en panique, ne comprenant pas les notions fondamentales du cours et se sentant désarmés. Comme toujours, ces craintes sont normales : l’apprentissage est fait de seuils et de paliers. Si vous vous retrouvez face à nouveau mur théorique, ne «rien» comprendre est tout à fait normal, le temps est à l’apprentissage. D’ailleurs, bien souvent, il suffisait de quelques explications niaiseuses de ma part ou de mes collègues, pour que l’élève trouve un sens intuitif dans les monstrueuses formules. Ainsi, face à sa copie, il ne bachotera pas ni ne recrachera des équations tel un ordinateur. Il aura la force de l’interprétation et sera peut-être critique sur ses résultats.

Le fameux esprit critique! C’est sur ce dernier que je vais conclure cette chronique. Il est important de pouvoir mettre en cause ses résultats et ceux des autres quand on est scientifique. De surcroît, quand on est ingénieur, cela est très recherché dans le monde de l’entreprise. La raison est bien simple : la concurrence mène à des solutions multiples pour un problème donné.

En chacune d’entre elle réside des avantages et des inconvénients. De plus, la solution optimale et universelle est un mythe. Ceci vient du fait que ladite solution ne peut être cherchée que si vous inventez des règles du jeu pour déterminer qui de la solution A ou B a gagné. Ces règles sont «matheusement» appelées critères. Et seul un esprit critique est en mesure de déterminer un bon critère. Soyez-en convaincus, ouvrons le débat.

 

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