Les tubes à dentifrices

Jeudi 20 mars 2008, par Christian Labelle // Numéro 16

Ayant fait une découverte incroyable en bobette dans ma salle de bain, je me dois de la partager avec les fidèles lecteurs du Polyscope (infidèles, changez de page, vous ne méritez aucunement de connaître ceci). C’est en prenant mon tube de dentifrice que j’eus LA révélation. Je vous préviens, ce n’est pas pour les âmes sensibles : les tubes de dentifrice sont ce qui se rapproche le plus de l’infini ! Je n’irais pas jusqu’à dire que lorsqu’on meurt on fini dans un tube, mais je ne le nie pas.

Premier théorème des tubes de dentifrice : Plus on force, plus on a de dentifrice.

Notez qu’il n’y a pas d’exception, voici une explication par l’exemple : J’utilise mon dentifrice jusqu’à ce que je le crois vide. J’oublie d’en acheter le lendemain. Lorsque je viens pour me brosser les dents, je le « squeeze » aussi fort que je le peux et , surprise, il en restait encore. Le scénario peut se répéter ainsi pendant des mois et même des années (voir Figure 1). Deuxième théorème : Le dentifrice est l’outil de musculation ultime. Si le scénario précédent peut se répéter, malgré le fait que l’on force comme on peut la journée précédente, c’est parce que cette utilisation de notre masse musculaire l’entraîne juste assez pour que cela fonctionne le lendemain. Appliquez cela pendant quelques années et, BOUM, vous êtes Arnold avec des belles dents (voir Figure 2).

Ceci nous mène au troisième théorème : l’infinité du dentifrice est limitée seulement par la force que l’on peut appliquer sur le tube. Il arrivera un moment où vos muscles seront à leurs grosseurs maximales et ce sera la fin de votre tube de dentifrice. Du moins, c’est ce que vous penserez : une simple installation d’un rouleau compresseur dans votre salle de bain vous prouverait le contraire.

Avec les théorèmes 1 et 3, on peut facilement imaginer une navette spatiale propulsée par des tubes de dentifrices. La force opposée à la sortie du dentifrice serait assez grande (si on en utilise des milliers) pour la propulser jusqu’au Soleil. Bon ok, il faudrait un équipage suicidaire, mais on pourrait se contenter d’une douzaine de pandas. Une autre application des théorèmes qui renforce cette idée d’infinie est la construction d’usine de vidage de tube. Il suffirait d’une usine qui récupèrerait les tubes que la force humaine n’a pas réussi à vider pour que le dentifrice puisse s’auto-générer. L’usine récupère les tubes, les vide du mieux qu’elle peut, tout en les conservant, et en remplit d’autres qu’elle revend. Avec l’argent reçu, elle achète des machines plus puissantes, vide un peu plus les vieux tubes, vide du mieux qu’elle peut des nouveaux qu’elle conserve toujours, en remplit d’autres et les revend. En considérant que la performance des nouvelles machines augmente avec le temps avec un prix stable, la boucle est bouclée et le cercle est vicieux.

Voilà ma découverte ! Grâce à elle, nous vivrons dans un monde où tout le monde peut se brosser les dents et, de plus, génère du dentifrice en le faisant. Un monde où on trouve du dentifrice sur les tablettes du Dollorama. Pouvez-vous seulement imaginer la beauté de ce monde qui

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