Le Brainstorming
Vendredi 22 septembre 2006, par // Numéro 03
Hier, je parlais à Philippe Nault, chroniqueur à la section des sports et co-directeur du Polyscope, et vous ne le savez peut-être pas, mais Phil n’a pas d’amis.
Alors je l’écoute et il me parle de tous les problèmes qu’il a. Il parait que lui et les filles, ça marche pas fort. Il est là a se pavaner avec ses photos de cheerleaders. Les personnes âgées débiles croient qu’on vole les âmes en prenant une photo. Et bien Philippe aussi. Et il se fait une collection d’âme soeurs. Il espère les retrouver au paradis, dans le même état qu’il les a prises en photo. Pauvre Philippe. Il procrastine jusqu’au paradis au lieu de profiter de la vie.
Il y aussi son chat qui est en chaleur, et Phil a de la difficulté à dormir. Je lui ai proposé de consacrer une serviette pour que son chat se zigne dessus, question d’en finir avec ses chaleurs, mais Phil ne comprenait pas. Il m’a aussi parlé du temps qui passe et de combien il paierait cher pour avoir quelques heures de plus par jour : Télé-match, nettoyage de serviettes, etc. Je lui ai proposé de planter une fusée dans le Mont-Royal, avec les forces de Coriolis, peut-être que la rotation de la terre diminuerait assez pour allonger les jours. Là non plus il n’a pas compris, mais c’est pas grave, c’est pas vraiment faisable.
Au travers de ses lamentations, il a réussi à me faire réfléchir. Les jours me passent sous le nez et je ne fais rien d’utile. Et en plus à chaque semaine, je perds mon mercredi à écrire un Truc à Renaud. Les gens m’écrivent avec des compliment, des poèmes, des prières, des menaces de mort. Toutes ces preuves d’amour m’émeus. Je sais que c’est votre petit nanan du vendredi, et je comprends ! Edmond, 12 ans, est même venu au Scope pour me dire qu’il ne comprenait rien au Polyscope à part mon article et que plus tard il voulait faire le Truc à Edmond… Pour l’encourager, j’ai autographié sa Kippa.
Maintenant que j’ai réalisé que je n’ai plus le temps de faire mes articles, je vous propose cette semaine un petit guide sur comment faire son propre truc. Je ne compte pas arrêter d’en faire, mais si jamais je n’en ai plus le goût, j’aimerais vous savoir capables de vous divertir vous même. C’est un peu comme acheter un vibrateur à sa blonde, c’est pas que t’es plus intéressé, mais si t’as mal à la tête tu peux t’endormir tranquille sans qu’elle te réveille en se frottant sur ta cuisse.
Faut commencer avec un sujet qui t’inspire vraiment. Tu sais, l’important ce n’est pas que le sujet soit drôle ou intéressant. Il faut que l’histoire coule de ta tête à tes doigts. Un peu comme de la morve, et au lieu de t’essuyer avec un kleenex, c’est avec un clavier...tu vois ? Faut que ça coule !
Il faut que tu te retrouves dans une situation ou le flow entre tes idées et le papier soit ininterrompu. Il faut assurer le continuum idée-papier (PHY 2110).
Mets-toi dans une ambiance inspirante. Prends moi comme exemple. Je suis allé dans la bibliothèque de poly et je me suis mis à regarder le ciel. J’ai vu la tour de l’université de Montréal, j’ai pensé à un phallus, puis à un pénis. Et j’ai vu les nuages en train de flatter la tour, et là, je me suis imaginé le pauvre chat de Philippe obligé d’utiliser sa serviette. T’as une idée, tu l’écris ! Tu la juges pas. C’est comme un brainstorming.
C’est plus tard, redescendu de ton nirvana créatif que tu peux te mettre à juger tes idées. C’est peut-être là que c’est le plus dur. Certaines idées vieillissent bien, comme quand je me suis mis un condom sur la tête, ou quand j’ai pimpé mon discman. Mais ça c’est l’expérience, tu vois ?
Pour ceux qui m’accusent de fumer la moquette et de boire un 40 onces de gazoline avant d’écrire mes chroniques. J’aimerais citer Robert Charlebois qui a dit : « La drogue ça donne pas de talent ». Ça peut ouvrir ton esprit, mais si ton esprit est plate, t’as beau l’écarter au bout, il va rester plate.
Si t’écoutes TQS et que tu trouves Caroline Néron vraiment trippante, c’est normal que tes idées soient moches. Tu es moche ! Mais garde espoir. La mocheté est acquise, pas innée. Tu peux te retrouver un jour complètement détruit moralement, et c’est là que tu peux te remodeler une vie excitante. C’est sûr que si ta vie a toujours été calme et paisible dans ton petit monde stable, il n’y a pas de raison que tu affectionnes le changement et la fraîcheur. Moi j’aime changer d’antisudorifique justement parce que j’aime le changement et la fraîcheur. « Brise d’automne », puis « Éclair intense », et après c’est « Bourrasques des montagnes ». Tous les jours, mes aisselles sont diverties et elles peuvent maintenant devenir membres actives du brainstorming, parce que tu vois, maintenant qu’elles sont stimulées, elles ont quelque chose à dire, une opinion sur tout.
Comme je disais toujours à ma voisine quand j’étais petit, montre-moi ton truc et je te montrai le mien !
N.DL.R : Avis aux lecteurs de la chronique « Le truc de Renaud », la rédaction voudrait leur signaler que le phallocystum à la dose de 1 mg à chaque repas fait grossir la taille du cerveau dans des proportions appréciables. Et sans rancune !
