[Kebekwa 101]
Pars la truie !
Vendredi 10 octobre 2003, par // Volume 37
Vous vous souvenez sans doute que je vous avais promis des cochonneries la semaine dernière. Eh bien ! Vous allez être servis ! Nous allons d’abord étudier une vieille expression qui est devenue plus difficile à interpréter avec tous les progrès technologiques en matière de ressources énergétiques. Puis, nous allons en voir une autre que Robert connaît, mais pas mon vieux M. Larousse…
Pars la truie !
Ou arrête la truie. Pas évident tout de suite de saisir le sens de cette expression, surtout quand vous roulez sur la 20 et que votre passager vous la lance sans prévenir. En fait, cette expression est devenue de moins en moins évidente à interpréter pour le néophyte au fur et à mesure que les poêles à bois ont disparu de nos foyers. Il fut un temps, pas si lointain, où la plupart des maisons québécoises étaient chauffées au bois (un temps très proche d’ailleurs : la vieille maison mal isolée de mes parents était chauffée ainsi, sinon les factures d’Hydro-Québec nous auraient menés à la faillite à elles seules). Chaque maison avait soit un foyer, soit un poêle à bois. Et comme l’agriculture a longtemps tenus plusieurs Québécois bien occupés, on connaît ça les bébittes à poil. Aussi, comme le poêle à bois est gros, a souvent une forme cylindrique et possède quatre pattes, il a rapidement été associée à la truie, qui est grosse, a une forme plutôt cylindrique et possède quatre pattes. C’est trop simple, vous dites-vous ? Pas du tout, j’en ai même mis plus que ce qui est requis ! Demander à n’importe quel verrat de la terre de vous décrire une truie. Il vous dira que c’est un truc qui a quatre pattes. Point. C’est pourquoi les centres d’insémination artificielle ne se cassent pas la tête pour récolter la semence de leurs meilleurs géniteurs : ils leur présentent une table… Vous comprendrez donc que la plus grande peur des éleveurs de porcs est de s’enfarger et de tomber à quatre pattes dans l’enclos du verrat (et même s’ils font de l’insémination artificielle, ils doivent garder plus d’un verrat dans la porcherie, sinon les truies ont des chaleurs très difficiles à détecter) ! Enfin, remarquez qu’il existe également une variante de l’expression ci-dessus qui est notamment beaucoup plus facile à interpréter quand on ne connaît pas le double sens : « rajoute une bûche dans la truie ! »
Manger comme un cochon
Je croyais que c’était très répandu, mais apparemment pas dans mon entourage immédiat, ni dans mon bon vieux Larousse. Alors histoire de mettre les choses au clair pour tout le monde, j’ai décidé de l’inclure dans ma chronique de cette semaine. Avez-vous déjà vu un porc manger ? Ça avale tout. Tout, tout, tout. D’ailleurs, une de mes citations cinématographiques préférées en est inspirée : un mafieux explique comment il se débarrasse des corps des gens qu’il descend… en les donnant à manger à ses porcs, qui peuvent passer à travers un homme en deux jours, sans laisser la moindre trace (si je me souviens bien, il s’agit de Snatch, un excellent film de Guy Ritchie). De plus, les porcs ont de l’appétit à revendre : certaines espèces peuvent prendre jusqu’à 90 kg en 6 mois ! Finalement, les porcs ne sont pas réputés pour leur hygiène, alors si l’on vous dit que vous manger comme un cochon ou comme un porc, ce n’est pas un compliment !
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27/11 — Pars la truie ! — par sweety
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