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  • Pour ceux qui habitent une autre planète (comme celle des intra de la poly), Occupy Wall St. est un mouvement de protestation citoyen qui s’est mis en branle le 17 septembre dernier. Des milliers de manifestants campent donc depuis plusieurs semaines dans le quartier New-Yorkais de la finance pour protester contre les injustices sociales et économiques qui sévissent aux États-Unis et dans le monde entier. Dans un manifeste publié à la fin septembre, le groupe dit vouloir s’attaquer à la « corruption du système », où les décisions prises par les élites ne visent que l’enrichissement d’une minorité, au détriment de la santé, de l’éducation et du bien-être des masses.

    Les médias américains n’ont pas été tendres envers les manifestants du mouvement « Occupons Wall Street ». Les plus radicaux d’entre eux n’hésitent pas à ridiculiser et à marginaliser les protestants, les présentant comme une bande de hippies sans emplois et braillards qui n’ont aucune bonne raison de manifester. Les médias les plus modérés ne se privent pas non plus de souligner le manque de revendications claires de ce mouvement, qu’ils associent à un manque de crédibilité et d’organisation.

    Si je dois avouer que le manifeste du mouvement reste très général et tire un peu dans toutes les directions, je ne crois pas pour autant qu’il faille prendre ce mouvement à la légère. Au contraire, je crois que le fait que ce mouvement ait pu rassembler un si grand nombre de protestant défendre une cause bien précise est la preuve qu’une indignation véritable est en train de se développer chez nos voisins du Sud.
    Ce qui frappe avant tout dans le discours des manifestants est le constat suivant : le système américain est corrompu par l’argent. L’économie y dicte les décisions politiques au détriment du bien-être collectif. Autre constat : le système américain est injuste. C’est là une réalité qui tranche radicalement avec l’idéologie du rêve américain selon laquelle tout le monde à une chance de s’élever et de s’enrichir. Certains citoyens américains se réveillent et se rendent compte qu’au contraire, rien ne garantit qu’un travail acharné mène à un niveau de vie confortable. Alors que les États-Unis reste le pays le plus riche du monde, avec le PIB par habitant le plus élevé, on constate qu’il est à la traîne sur plusieurs plans, comme celui de la santé et de l’éducation. Ainsi, un citoyen provenant d’un milieu modeste devra composer avec des obstacles de taille : écoles publiques sous-financées dont la formation a peu de valeur, endettement étudiant inévitable, taux de chômage élevé et coûts exorbitants de la couverture médicale. Le slogan des manifestants (we are the 99%), réfère au fait que 1% de la population américaine est en possession de près de la moitié des richesses du pays. La richesse est un sujet assez sensible aux États-Unis. En effet, la « tradition » du rêve américain voudrait que, plutôt que de s’indigner devant la richesse obscène, on admire l’habilité et l’audace de son propriétaire et qu’on tente vaillamment de s’élever à notre tour. La faille de cette idéologie est évidente : quand la majorité ne parvient pas à avoir un niveau de vie confortable et quand, à cause de l’injustice du système, la richesse devient systématiquement héréditaire, force est de constater que la pensée capitaliste voulant que l’enrichissement personnel mène à l’enrichissement collectif est erronée.
    J’espère que le mouvement Occupy Wall St. entraînera la création d’une nouvelle gauche américaine, débarrassée des préjugés tenaces sur les « méchants socialistes » et déterminée à réduire la mainmise des banques et des corporations sur le gouvernement. Mais bon, on peu toujours rêver…

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