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Manger comme un oiseau

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  • Où le Polyscope part à la découverte d'une baie.

    Ronde, noire et brillante, avec quelques crénelures près de l’attache, la baie d’aronie est une petite surprise en soi. La première personne à me l’avoir présentée est mon oncle, un enseignant de profession qui est aussi un agriculteur expérimentateur à ses heures. Il avait pris l’initiative de planter quelques uns de ces arbustes afin d’égayer sa maison, et tant qu’à choisir un simple arbuste, il avait arrêté son choix sur l’aronie à cause de sa propension à attirer les oiseaux, de sa rusticité à toute épreuve et de ses fruits comestibles pouvant satisfaire son envie de découvertes horticoles.

    Lorsqu’on mange des baies d’aronie, l’expérience est avant tout spéciale. Tout d’abord, le goût est difficile à déterminer du fait de sa composition unique. On s’attendrait quelque peu à la texture et au sucré d’un bleuet, étant donné la ressemblance entre les deux baies. Cependant, une baie d’aronie est beaucoup plus sèche et dure sous la dent qu’un bleuet. De plus, sa forte concentration en tanins (des protéines qui interagissent facilement avec les enzymes de la salive) assèche la bouche, un phénomène que l’on recherche dans certains vins comme les bordeaux. Certains iront même jusqu’à trouver que la baie d’aronie goûte le vin alors que ce n’est pas le cas. Elle provoque tout simplement la même sensation qu’on retrouve parfois dans l’alcool d’un fruit dont les tanins sont concentrés par le processus de transformation.

    De nos jours, l’aronie se répand doucement dans les milieux avant-gardistes et n’est plus aussi méconnue des agriculteurs ou des commerces qui sont à la recherche du prochain super-aliment. En effet, ses nombreuses qualités, comme sa forte concentration en vitamine C, en antioxydants et en flavonoïdes ou encore son impact remarqué sur la santé de ses consommateurs assidus (contre la dégénérescence visuelle, les maladies cardio-vasculaires, l’arthrite, les cancers, l’hypertension artérielle, le taux de cholestérol trop élevé ou encore pour la régulation du diabète) en font un chouchou potentiel des smoothies ultra-sophistiqués, des amateurs d’ingrédients exotiques ou tout simplement des gens qui aiment beaucoup les fruits pas trop sucrés, acides ou amers.

    Finalement, je vous encourage fortement à essayer cette baie. Si seule elle n’est certainement pas destinée à tous les goûts, une fois apprêtée elle peut se révéler beaucoup plus conviviale, surtout pour un premier essai. Pour en obtenir un échantillon, il vous suffit de vous procurer vous-même l’arbuste. Si cette option est hors de question pour vous, quelques compagnies en proposent sous forme de jus, mais comme je n’ai testé aucun d’entre eux, il m’est difficile de vous les recommander. Si vous voulez en savoir plus, notamment sur les bienfaits de cette baie, sur sa culture ou sur sa disponibilité, vous pouvez toujours fouiller dans les moteurs de recherche. Le terme « aronia » est également très répandu pour désigner le fruit de l’arbuste.

     




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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