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La Bohème : un opéra plein de charme et d’authenticité

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  • Bien que les représentations de l'opéra de Puccini qui clôture la saison de l'opéra de Montréal soient à guichets fermés, vous vous délecterez de la projection offerte au stade Molson ce 27 mai

    Jeudi dernier avait lieu la générale du célèbre opéra de Puccini, dont les représentations clôturent la saison de l’Opéra de Montréal.

    Dans une ambiance tamisée et intime, nous avons donc pu découvrir cet opéra qui avait été présenté pour la dernière fois à Montréal en 2011. Mais par rapport à son prédécesseur certaines choses ne changent pas. Malgré une nouvelle distribution, on retrouve la mise en scène d’Alain Gauthier avec ses quelques disfonctionnements. Il y a toujours cette casquette que Mimi arbore avec fierté bien qu’elle détone du reste des costumes et ne colle pas tout à fait à l’image du « petit chapeau » du XIXème siècle auquel on s’attendrait. Lors de l’épisode des clefs qu’a perdues Mimi dans le premier acte, les chanteurs persistent à chercher debout des clefs sensées être tombées au sol et Colline nous interprète encore son solo d’adieu à son manteau, du dernier acte, en haut dans l’atelier de Marcello, sans raison apparente. On retrouve également ce décor ambigu qui donne l’impression que les quatre amis ont troqués leur humble mansarde sous les toits pour un grand loft avec vue sur Paris.

    Mais, bon gré mal gré, on a aussi la joie de redécouvrir le tableau vif et coloré de l’entrée du Café Momus, dont la mise en scène d’une agitation organisée est plaisante et converge vers les jeux de scène de Musetta qui prend le rôle principal de ce second acte en beauté. Par ailleurs, rien n’est enlevé de l’émotion provoquée par la mort de Mimi, véritable héroïne de ces vies entrelacées, à la dernière scène. On se retrouve, alors, en communion avec la plume de Puccini qui avait lui-même avoué ne pas avoir pu s’empêcher de verser une larme lors de l’écriture de ce final; final à qui le cri ultime de Rodolfo à Mimi, déchirant l’espace, donne tout son sens et sa tragédie.

    Avec une nouvelle distribution réussite, les personnages nous emmènent dans leur univers, au rythme de scènes de vie reprenant des thèmes concrets et parlant de la vie humaine. À travers la jalousie, l’amour, l’amitié, la maladie, l’impuissance, on se laisse emporter par le récit de ces vies qui reprennent en cœur les vies de tous ces parisiens du XIXème ayant vécus dans cette atmosphère de bohème, à la fois légère, colorée, pétillante et par à-coups dure, ramenant à une réalité de misère. Les voix de France Bellemare (Mimi), Luc Robert (Rodolfo), Lucia Cesaroni (Musetta) et Justin Welsh (Marcello) s’accordent et rendent un bel hommage à l’œuvre de Puccini, bien que le ton de monsieur Welsh, plus sourd, ne parviennent pas à égaler la puissance de ses collègues et rompent l’harmonie du quatuor lord du troisième acte.

    James Meena, à la tête de l’orchestre Métropolitain réussit à mettre en valeur les voix des artistes et à mener avec dynamisme cette œuvre, nous tenant en haleine jusqu’à la tombée du rideau.

    Bien qu’ayant ses défauts, cette version mérite toute notre attention et sait réveiller la fibre artistique et sensible de son public ! dans le cadre de la démocratisation de l’opéra, une projection gratuite aura même lieu au stade Molson le 27 mai. Malgré les 15 000 sièges disponibles, pensez à vous procurer le laissez-passer obligatoire pour accéder au site (disponible sur leur site internet).

     




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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