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Caligula au TNM

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  • Une oeuvre immortelle française revisitée par le TNM. Les polémistes aiguisent leur plume.

    En cette belle soirée de première, le spectateur moyen était probablement inconscient de l’expérience émotionnelle qu’il s’apprêtait à vivre. Pour les plus avertis, qu’ils soient érudits d’histoire latine ou tout simplement familiers avec l’œuvre de Camus, l’interprétation aussi allait faire des siennes, avec horreur et éclat.

    L’œuvre est un classique de l’intello-franco-algérien-blasé par excellence, Albert Camus et mis en scène par René Richard Cyr. Relatant des frasques dégoutantes et des abus de pouvoir déconcertants du tristement célèbre empereur romain, Caius Caesar Germanicus, alias Caligula, l’auteur cherche avant tout à faire réfléchir l’audience sur le pouvoir politique, l’hypocrisie qui en découle et la responsabilité des politiciens. Bien plus qu’un clash bien contre mal, la pièce se veut un plaidoyer des actes libertins et impulsif contre ‘’notre’’ bien ‘’mainstream’’ universalisable et extrêmement facile à défendre. Ce genre de position force l’impliqué à se recentrer dans ses positions les plus excentrées.

    La performance de Benoit McGinnis est sans aucun doute un incontournable du spectacle. Bien que Caligula soit jugé comme plus extrême et labellé comme méchant pur, McGinnis arrive à le faire passer par une gamme d’émotions sincères, à travers un spectre très large. Amour, deuil, vengeance, pour finir avec les regrets.

    Ce qui est un peu dommage c’est la façon dont l’horreur a été approchée, les scènes de violence un peu trop faciles… Non pas que les quelques spectateurs horrifiés de la scène aient quitté le spectacle soient garants de ce mauvais goût, mais les émotions fortes nécessitent parfois le second degré, demandant certes souvent une idée très originale. Ce qui aurait pu être concrétisé par une mise en scène ponctuelle originale a simplement été personnifié par un viol sec, brutal et bruyant. Choqué? Pas tant. Déçu? Un peu. Par contre et heureusement, le morceau le plus juteux se trouve en aval. Ce n’est que là que le public découvre l’entièreté des motivations de l’empereur et la dynamique finale qu’il entretiendra avec ses consuls. Où donc les désirs impossibles mèneront-ils Caligula? Allez voir cette œuvre explosive, de préférence à plusieurs, car les débats d’après-spectacle seront certainement des plus intéressants!




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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