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Jusqu’au bout

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    Craig et Irène avec leur arrière petit fils. © CMG

    par Yujia Ding

    C’est en feuilletant à travers les chaînes un samedi soir que je suis tombée sur Jusqu’au bout, un petit film canadien réalisé en 2012. L’histoire parle de Craig et Irène, un couple de fermiers octogénaires qui, malgré leur âge avancé, tiennent à vivre le reste de leurs jours dans la dignité. La maison de famille où ils ont élevé leurs huit enfants se fait grande et difficile d’entretien, de plus avec la maladie d’Alzheimer qui afflige Irène, certaines parties de la maison deviennent dangereuses. Craig, étant charpentier depuis plus de 40 ans, décide alors de construire à lui seul une plus petite maison plus sécuritaire auprès de la mer sur un de leurs nombreux hectares de terre afin de vivre leurs dernières années.

    Le film est plutôt typique d’un scénario d’homme contre l’État, avec Craig qui se fait interdire la construction de sa maison jour après jour par un inspecteur borné qui tient à appliquer à la lettre le Code du bâtiment, jusqu’à l’amener en cour. Avec la condition d’Irène qui s’empire, on dirait que le monde entier est contre Craig. Et pourtant, il ne lâche pas. Sachant que c’est inspiré d’une histoire vraie, on ne peut qu’admirer l’endurance de cet homme de 87 ans, un personnage têtu et droit de caractère qui tient bon jusqu’au bout, tel le titre du film.

    Les personnages des bureaucrates sont frustrants à point, robotiques et manquant d’humanité. Quand Craig rencontre les supérieurs de l’inspecteur zélé, on aurait cru enfin à un peu de compassion par rapport à sa situation. Techniquement, les fonctionnaires n’ont pas tort. Mais vu qu’il risque la prison après tout cela, on se demande la raison pour laquelle ces lois sont en place si ce n’est pas de protéger les citoyens mais plutôt de leur ruiner leur fin de vie.

    Enfin, j’entends souvent les gens utiliser leur âge comme une excuse ou une béquille devant les défis de la vie, même qu’il y en a qui ont hâte à la retraite à 40 ans. Mais il y a de quoi d’inspirant de voir la vie quotidienne pourtant toute simple de ce petit couple de fermiers qui sont autonomes et travaillants à cet âge avancé, qui ne se découragent pas même quand leurs enfants commencent à avoir des petits enfants, et qui malgré des signes de ralentissement ne s’arrêtent jamais de vivre pleinement.

    Mots-clés : film (9)



    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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