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L’échec de la démocratie à l’AEP

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    LE COUPABLE. © Manitoba Liquor Mart

    par Aymeric Bontron

    Nombre d’entre vous se demandent pourquoi certains candidats ont été exclus des élections de l’AEP. Dans un premier temps, je pense qu’il convient de revenir sur le terme « démocratie », du grec demos et cratos, le pouvoir au peuple. Dans le cas de l’AEP, le demos est représenté par tous les étudiants membres de l’association et le cratos est partagé entre le Conseil administratif (CA) et le Comité exécutif (CE) dans la gestion des tâches courantes. Aujourd’hui, pour ces élections, une partie du demos est privée du cratos. Cet article sert de tribune visant à expliquer comment l’AEP a été contrainte de prendre des mesures discriminatoires pour ces élections.

    L’origine de cette histoire remonte à mars ou avril dernier lorsqu’une loi (Loi sur les permis d’alcool, RLRQ, c P-9.1) obligeant les organisations détentrices d’un permis de bar à être dirigées par des résidents permanents ou des citoyens canadiens est rappelée à l’AEP (par la Régie des alcools, des courses et des jeux, RACJ). L’AEP, qui détient un permis de bar, a alors décidé de se mettre en règle en créant les postes d’aviseur au CA pour les étudiants étrangers, ceux-ci ne pouvant plus faire partie de l’administration. Une démarche similaire a été réalisée pour le CE en créant les postes de coordinateurs. Les règlements généraux de l’AEP ont ainsi dû être modifiés pour la création de ces deux postes. La seule différence entre un aviseur et un membre classique du CA porte sur le droit de vote, ils en sont dépourvus, bien que cela soit un droit fondamental au sein de l’AEP. Leur rôle se rapproche ainsi plus de celui d’un conseiller que celui d’un administrateur. Dès lors, ces mesures ont été le premier pas de l’AEP vers une politique discriminatoire.

    Ces mesures devaient être temporaires, une solution à long terme ayant été trouvée. Cette dernière consistait en la création d’une nouvelle entité indépendante de l’AEP qui détiendrait le permis d’alcool. Cette dernière serait dirigée uniquement par des résidents permanents ou des citoyens canadiens, permettant de lever cette restriction pour les postes de l’AEP et rendant ainsi le cratos à tout le demos. Cependant, la mise en place de cette solution a pris du retard et ne sera achevée qu’après les élections.

    Il convient aussi de s’intéresser au côté légal de la mesure de correction. Le paragraphe 4 du chapitre A-3.01 de la loi sur l’accréditation et le financement des associations d’élèves ou d’étudiants stipule que : « Dans un établissement d’enseignement, tout élève ou étudiant a le droit de faire partie d’une association d’élèves ou d’étudiants de son choix. Il a de plus le droit de participer à la formation de cette association, à ses activités et à son administration. » Les mesures prises étaient donc en accord avec la loi sur le permis d’alcool, mais en désaccord avec la loi sur l’accréditation des associations d’étudiantes au Québec. Seulement une partie des étudiants a le droit de se présenter à l’administration de l’AEP. Les postes d’aviseurs ont été conservés, mais selon les règlements généraux de l’AEP, ces postes disparaîtront le 1er mai 2017. Il n’y a aucune possibilité de se présenter à un poste dans le comité exécutif. Ainsi, 20 % des étudiants au baccalauréat sont inéligibles aux prochaines élections.

    En définitive, cette triste histoire révèle une autre réalité encore plus décevante. Cette réalité, c’est celle du manque d’intérêt des étudiants pour l’administration de l’AEP. En effet, en examinant les faits, je me suis aperçu que le blâme n’est pas à porter sur les membres de l’administration, mais sur les étudiants. Personne n’est intéressé par le poste d’adjoint d’un VP, pourtant il semblerait que cela leur permettrait de leur soulager la tâche. Le désintérêt pour l’administration se fait aussi sentir lorsque l’on regarde le nombre de personnes se présentant pour l’administration. Cette année est particulière, car le nombre de candidats admissibles a été diminué par des facteurs exceptionnels. J’ajouterais aussi que rendre les étudiants étrangers inéligibles est presque similaire à rendre les femmes inéligibles, tant en termes de discrimination qu’en termes de pourcentage (il y a 25 % de présence féminine à Poly et 20 % d’étrangers au baccalauréat). Le devoir de l’AEP est aussi de communiquer et d’être à la fois accessible et attrayante. Pour conclure cet article, je citerai Abraham Lincoln qui dit un jour : « La démocratie, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. » Nous, le peuple de Poly, reprenons le pouvoir à celles et ceux élus faute de concurrent!




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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