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Quand les Québécois ruinent leur liberté d’expression ou quand les Québécois savent se tirer dans le pied

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    Maclean’s et fleurdelisé © Jean-François Veilleux / Maclean’s

    Que sont « les Québécois »?

    « Les Québécois » est un terme générique pour désigner l’ensemble de la population au Québec, sans être plus spécifique. C’est un terme que les politiciens aiment utiliser pour faire accroire que quasiment tout le monde au Québec est en accord avec leurs idées, alors qu’il n’y en a aucune preuve à ce propos, et que des opinions subversives ne valent simplement rien, afin de refouler la naissance d’une manifestation populaire. L’année 2012 me manque…

    Retour sur l’affaire Andrew Potter et le magazine Maclean’s

    Le directeur de l’Institut d’études canadiennes de l’Université McGill, Andrew Potter, a dû démissionner suite à son article d’opinion (boiteuse, mais critique) dans le magazine Maclean’s sur son interprétation de la société québécoise. Cette récente mésaventure démontre pourtant que l’auteur du texte critique n’avait, en essence, pas complètement tort sur l’idée que le Québec est mal en point, quand on synthétise l’intuition de ses idées en lisant entre les lignes. En effet, en mettant de côté les généralisations maladroites et autres sophismes, le texte tente de dire que le Québec n’est pas parfait, mais surtout qu’il n’est pas en très bonne santé socio-écono-politique qu’il appelle « malaise ».

    Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a déploré le texte de M. Potter, qu’il associe à du « Québec-bashing » (La Presse, 23 mars 2017). Il a néanmoins salué le geste du chercheur. « Je trouve qu’il y a un geste honorable au moins dans le fait qu’il offre sa démission, ce qu’on ne voit pas assez souvent ici, au sein de l’Assemblée nationale », a dit M. Khadir.

    D’abord, s’il y a du « Québec-bashing », c’est qu’il y a une raison, et une très bonne à mon humble avis, du moins, en essence. La corruption existe au Québec et son existence a été démontrée. Il est clair que les Québécois sont impuissants face à la politique et à la corruption, et se font mener par le bout du nez, sans tant broncher.

    Désolé de vous décevoir, mais il n’y a aucun honneur à quitter (voire perdre) ta carrière parce que la population veut te museler, te priver de ta liberté d’expression juste parce que tu as été maladroit, tu n’avais pas le droit à l’erreur humaine et qu’au final, tu ne flattes pas la société dans le sens du poil. Ce n’est pas de la liberté d’expression, ça! En l’absence de liberté d’expression, il n’y a pas de démocratie. L’une ne va pas sans l’autre. C’est tout, sauf du respect de la liberté d’autrui.

    Une université n’est pas une personne pensante

    L’Université McGill avait déclaré sur Twitter « n’endosser d’aucune façon les propos tenus par Andrew Potter dans le magazine Maclean’s » (Radio-Canada, 23 mars 2017). Depuis quand est-ce qu’une université a une opinion? Depuis quand est-ce que les travailleurs dans une université veulent associer leurs propos à cette dernière? Les gens qui travaillent dans l’université ont leurs opinions, mais l’université (qui n’est pas une personne pensante) n’émet pas d’opinion parce que ce n’est pas une personne! Alors, pourquoi est-ce que les contingents de l’Université McGill ont-ils eu la plus stupide des idées de dire qu’ils se dissocient des propos de M. Potter? Serait-ce pour faire accroire à la population, n’ayant pas fait de cours de philosophie de base au cégep, qu’une université est capable d’une opinion? Une université est supposée enseigner la science, et donc, d’enseigner le gros bon sens aux ignorants que sont les bourgeois et prolétaires contemporains. Mais l’humain étant ce qu’il est, dans une société où on se préoccupe de sa petite personne d’abord, voulant éviter de dépenser trop d’énergie à une conséquence prévisible à court terme, les contingents de McGill ont préféré la facilité au lieu de se donner la peine d’expliquer l’équivalent de mon raisonnement ci-haut aux gens qui crient au meurtre sans réfléchir.

    Un avenir possible du Québec : la honte démocratique

    Bien que l’économie dans laquelle nous sommes soit développée, industrialisée, l’intelligence, quant à elle, semble être encore sous-développée avec les appareils mobiles qui nous contrôlent et non l’inverse, et les politiciens incompétents qui sont répétitivement élus.

    Quand un citoyen publie son opinion qui n’est pas dans le même sens que l’opinion de la majorité, il se fait huer facilement sur les réseaux sociaux, par des attaques personnelles, des insultes hors du sujet, etc. Le tout, de façon répétitive et persistante dans le temps. Bref, c’est ce qui s’appelle de la cyberintimidation. La bonne chose à faire est plutôt de débattre, car c’est la seule voie pour s’améliorer.

    Mais avec une poignée de la population qui unit sa force pour faire taire des chroniqueurs hommes et femmes (par exemple Judith Lussier) seulement parce qu’ils sont différents dans la manière de penser les choses, on n’a plus besoin de Stephen Harper pour démanteler la démocratie canadienne à coup de bâillons et de lois omnibus. Je répète : en l’absence de liberté d’expression (débat), il n’y a pas de démocratie. L’une ne va pas sans l’autre.

    Un idéal de la société québécoise : psychothérapie de ses phobies

    La différence est une chose que la société québécoise, au moins, devra apprendre à appréhender plutôt comme un caractère de ce qui est positif, et non pas nécessairement nuisible. D’après la biologie, depuis la nuit des temps, la biodiversité est ce qui permet à une espèce de survivre au gré du temps, et donc d’évoluer à travers les générations. En effet, plus grande est la quantité de différences génétiques entre individus, plus grand est le succès de survie de ladite espèce à travers le temps, puisque cela évite qu’un gène défectueux d’un individu ne se propage à l’espèce entière, sans contre-mesure d’un autre gène d’autres individus pour le neutraliser. Les vrais biologistes expliqueraient mieux que moi ce que je viens d’écrire… Mon point est que la différence n’est pas une mauvaise chose en soi.

    Or, si les Québécois veulent une société avant-gardiste, avec des politiques efficientes et un projet d’avenir, il faudra qu’ils apprennent à comprendre que les opinions qui vont à contresens du courant normal devraient être prises en compte et en extraire l’essence qui permet d’avoir une meilleure capacité d’avancer progressivement d’une pensée qui maturera en une réflexion pour enfin aboutir à un projet qui tienne la route.

    Conclusion

    En conclusion, les Québécois se tirent dans le pied et tirent dans le pied de leurs amis, enfants, compatriotes, frères et soeurs d’arme à chaque fois qu’ils répriment les opinions divergentes de leurs concitoyens. La démocratie nécessite une pluralité d’opinions pour permettre un débat éclairé sur un sujet donné et s’approcher de la vérité, d’où l’importance de la liberté d’expression. L’une ne va pas sans l’autre. Vous voulez le droit aux soins en fin de vie, tout en évitant des dérapages sur vous ou vos proches? Il faut un maximum d’idées et de pensées différentes, divergentes et subversives afin d’assurer de couvrir un maximum de situations, de circonstances possibles où il y aurait des problèmes éthiques et morales. C’est ainsi que les projets de loi sont rigoureusement travaillées dans un monde idéal. C’est dans cette même veine que la science a dû faire fi de la phobie religieuse du zéro et des nombres négatifs pour faire avancer la science. Si on avait empêché des gens renommés en sciences naturelles, en sciences humaines, en philosophie, etc. d’exprimer par écrit leurs réflexions sur leur compréhension du monde, croyez-vous que vous auriez vos appareils intelligents sous la main, d’avoir le droit de vote, la justice contemporaine, de connaître l’ère industrielle, puis informatique? Si le Québec veut avancer, innover, créer, ce ne sont pas les politiciens qui vont y aider. C’est à chaque citoyen de faire sa thérapie sur son rapport avec lui-même, avec autrui, avec l’autre (qui est différent) et le respecter.




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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