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Justin Essaie : Ta job est-tu le fun?

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    La pyramide de Maslow | Wikimédia Commons

    Est-ce le manque de divertissement qui vous travaille ou le manque de travail qui vous divertit? Prenons un acétaminophène et tentons d’y voir plus clair...

    Comme le pensait le philosophe français Blaise Pascal : le travail est un divertissement. Oui, étymologiquement cela en est un : en latin, divertire signifie «se détourner de». Par cela, le philosophe voulait nous indiquer se détourner du cours monotone de la vie en amenant sa pierre à l’édifice, et non pas que le travail était amusant au sens « endorphinien » du terme. Rassurez-vous, vous n’allez jamais, à moins d’être un illuminé (comme moi) hurler de joie à la vue d’une courbe savamment concoctée par votre ordinateur. En effet, il ne s’agit ici que de la notion d’accomplissement personnel, placée au sommet de la pyramide des besoins, expliquée par le psychologue Abraham Maslow. Un travail où l’on s’épanouit est considéré comme tel, un endroit où vous pourrez vraiment avancer dans la société. Mais quelles sont les clefs du travail heureux, est-ce bien réel ou est-ce juste une utopie ?

    Le divertissement au travail.

    Nos chers amis californiens l’ont bien compris : prévoir des pauses au travail augmente la créativité et donc l’implication. Afin de les faciliter, il faut prévoir des lieux communs, par exemple les sempiternels coins à café ou encore des équipements sportifs. Et ce n’est pas tout, la théorie du management dite du Y du sociologue McGregor préconise des activités de cohésion d’équipe.

    En effet, nous ne sommes plus au temps de l’organisation scientifique du travail, théorisée par l’ingénieur américain Taylor, appliquée par Henry Ford. Celle-ci, décriée dès le début du siècle dernier par Charlie Chaplin dans Les Temps modernes (1936), a une fâcheuse tendance à transformer les humains en machines cadencées à la milliseconde près. Cependant, les humains ne sont pas du même acabit que ces dernières : un travail répétitif, sans créativité, sans aucune marge de manœuvre et cherchant à optimiser en premier le temps et le coût de production sont des ferments de la Grande Dépression pour les Hommes.

    Faites comme chez vous!

    Ainsi aujourd’hui dit-on « collaborateurs » et non « subalternes », la gentrification du management mène évidemment à ces activités de « team building », qui permettent aux jeunes arrivés de se sentir comme chez eux. Avec l’essor des technologies mobiles, on peut même dire que le travail est un invité chez vous. Pour prendre un exemple concret, maintes entreprises offrent à leurs jeunes recrues un téléphone intelligent, pourvu d’une application donnant accès au système d’information de leur entreprise. C’est bien, certes, mais cela suscite une question. La frontière entre monde professionnel et vie privée, rendue ainsi si ténue, suscite-elle des menaces?

    A priori la réponse est oui. Mais essayons de nous pencher sur le problème de plus près : certes, l’employé est susceptible d’être contacté plus facilement par l’employeur sur son temps libre ce qui peut, dans certain cas, relever de l’abus. Cependant, les entreprises, en faisant ceci, sont aussi victimes de leur politique : comment garantir la discrétion de certaines données sensibles si on les diffuse sur autant de terminaux mobiles? Et pire, cette plate-forme peut être carrément tierce ou publique. Oui mesdames, et messieurs, cela est possible, des gens qui négligent autant les données de leurs entreprise quitte à les rendre publiques. Réfléchissez. Combien d’employés utilisent WhatsApp, Facebook, Skype ou encore des boîtes courriels afin d’échanger sur un sujet professionnel? Et même, parfois, il peut s’agir carrément de la politique de l’employeur lui même, qui voulant s’offrir une toison de moderniste sacrifiera sa politique de sécurité informatique. Presque tous les experts des états de ce monde, à l’exception d’un petit pays au sud, vous certifieront qu’il s’agit là de pure folie.

    Pour conclure, il faut s’armer d’un esprit cartésien pour critiquer scientifiquement les services offerts par un employeur. Sont-ce de réels privilèges, des rouages des politiques managériales en vue d’augmenter la production, ou bien les deux? Mais encore faudrait il s’appliquer pour trouver un emploi avant d’engager nos esprits à résumer ainsi le recrutement.




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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