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Le journal des étudiants de Polytechnique Montréal
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

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  • Finir sa partie d’un travail d’équipe sans que ses coéquipiers n’aient quelque réaction qui soit. Raconter une anecdote sans avoir de réponse. Émettre une proposition à laquelle tous font la sourde oreille. Se faire adresser la parole seulement si l’on approche l’autre d’abord. Avoir un ami qui redirige la conversation à lui-même en tout temps. Passer du temps avec quelqu’un seulement pour se faire texter au visage. Être trop paresseux pour prendre la peine de saluer quelqu’un qui part. Parler sans être entendu. Exister sans être vu. Je pense que chacun d’entre nous a connu ce sentiment à un moment ou un autre de sa vie, le sentiment d’être invisible, de n’avoir pas d’importance. En effet, l’indifférence des gens peut être étouffante. Si le goût de vivre était une flamme, l’apathie serait l’eau glacée qui vient l’éteindre. Et pourtant en ces temps occupés, nous avons probablement tous soumis quelqu’un de notre entourage à ce traitement, consciemment ou non. C’est en observant une vieille dame dans un McDonald’s que m’est venue cette pensée. Elle parlait à des passants, souvent on l’ignorait. Elle était reconnaissante seulement de se faire donner l’heure et ainsi se faire adresser la parole pour ce que je présume être une des rares interactions de sa journée. La société est plus individualiste que jamais et la communication entre les gens devient paresseuse, parfois même inexistante. C’est pourtant à travers l’interaction avec les autres que l’on se définit en tant qu’individu. Sans le retour des autres, il est difficile de s’évaluer et de se comprendre. Il devient difficile d’exister. Est-on à ce point occupés que l’on refuse de voir les réalités d’autrui ou sommes-nous rendus seulement trop vaniteux pour donner de l’importance à autre que soi? Pour certains, leur survie émotionnelle en dépend. Et je crois sincèrement qu’il n’y a personne sur cette planète pour qui il serait justifié d’ignorer une vieille dame qui demande l’heure.




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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