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  • Les évènements de cette trempe ne sont pas monnaie courante dans l’environnement qui est nôtre. Plus souvent qu’autrement tapis dans l’engourdissement que procure une longue somnolence hivernale, la plupart des Québécois avaient oublié ce qu’était un acte de violence. Pour la plupart d’entre nous, nous n’avions aperçu ces symptômes du délire humain qu’emmitouflés dans le confort et la sécurité que procurent la distance nous séparant des scènes de drame.

    Cependant, cette fois-ci, les tubes cathodiques (budget impose) de par la province nous renvoient une image beaucoup plus familière. C’est maintenant dans un décor que l’on connaît qu’on nous décrit un évènement qui relève de la plus pure barbarie. Et ça, ça donne le vertige. La violence devient tangible et l’inconfort s’installe dans nos chez-nous. Il ne suffit que d’un désaxé, auquel on donne les moyens de passer à l’acte, pour faire chavirer l’équilibre, parfois fragile, qui cristallise les différentes communautés au Québec.

    C’est au creux de cette ville que l’on associe au calme, au quotidien paisible et au terroir québécois que l’inimaginable s’est manifesté. C’est dans cette ville, qui n’avait connu aucun meurtre en 2016 et deux en 2015, qu’on décompte déjà 6 homicides dans le tout premier mois de 2017.

    Le drame aurait par contre pu faire valoir l’esprit camarade qui définit le Québec comme une terre d’acceptation et de nouveaux départs. C’est par l’entremise des multiples vagues d’immigrations qui ont rythmé l’histoire québécoise que le visage de notre province a pu définir ses traits. Des traits qui sont plutôt las par les temps qui courent. Redonnons-leur l’éclat qui ensoleillait le quotidien des nouveaux arrivants, en leur offrant chaleur et accueil en cette terre qui de prime abord semble dangereusement inhospitalière.

    Rendons hommage aux vies qui ont péri en ne les oubliant pas. Sans vouloir donner une impression d’instrumentalisation de la mort, il serait nécessaire de trouver un moyen de transformer cet acte horrible en une leçon à retenir. Que ces vies innocentes représentent les martyrs qui ont dû s’éteindre pour que naissent la conscientisation et l’amour d’autrui. Que cet acte de haine n’en provoque pas plus, car ce serait faire profiter le terroriste d’un pouvoir persuasif qu’il ne mérite aucunement. Que tous et chacun regarde son voisin, l’embrasse du regard, lui fasse comprendre qu’il est, comme lui, québécois.




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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