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Isaiah Rashad : la suite logique (et sublime)

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  • Top Dawg Entertainement reprend Montréal d’assault. Leur étoile montante : Isaiah Rashad. Jeune rappeur aussi tourmenté que puissamment lyrique, la West Coast témoigne de l’ascension d’un futur grand du rap engagé et anti-commercial. Tiens ça fait déjà penser à quelqu’un…

    Il aurait fallu un devin pour savoir que la nouvelle sensation du rap West-Coast viendrait du Tennessee, tellement cette culture hip-hop de rap cru porté par de douces mélodies favorise les enfants de son territoire. Pourtant, le natif de Chattanooga est venu défoncer ces barrières et s’approprier un style de lyriste en profond questionnement. Il n’est plus très possible de nier que le rap, surtout l’américain, voit ses frontières décrépir. L’émergence de nouveaux styles de rap internationaux tirés de cette influence témoigne de cette mondialisation musicale croissante.

    On peut facilement voir à travers la production du dernier album d’Isaiah, The Sun’s Tirade, la direction musicale que le label TDE emprunte. Une production alliant mélodies électroniques aux sombres basses et splash d’esprit jazz, funk et soul. Force est de constater que ce pari porte ses fruits. Le groupe est devenu depuis les dernières années la référence en production de rap lyrique ; on lui attache souvent l’étiquette de nid à poètes. Isaiah Rashad est bien malgré lui le fils spirituel de Kendrick Lamar, en tout cas pour ce qui a trait à sa parole grise mais revendicatrice ainsi qu’au son de son dernier album. Ce dernier n’est pas étranger aux oreilles des fans du genre. Les fonds de tiroirs de saxophone viennent saluer un soul des plus noirs.

    The Sun’s Tirade succède à son premier EP, Cilvia Demo, loué par la critique bien que moins abouti à la finition que le premier. Il s’agit tout de même de deux solides albums. Son nouvel opus, à l’instar du légendaire To Pimp A Butterfly, est douloureusement honnête dans sa manière de confronter des démons. Si l’album de Kendrick relatait de la difficulté d’être célèbre et du martyre noir, Isaiah renchérit plutôt avec sa dépression, son problème de drogue et l’impact mesuré sur son rôle de père. Un album très personnel qui témoigne surtout de sa progression en tant qu’humain et de la réalisation de ses rêves.

    Pour ce qui est de décrire la performance à laquelle les montréalais ont eu droit ce 27 janvier, à l’Astral, intime serait le mot propice. Dans une salle de plus de 600 énervés, il fallait jouer de l’épaule pour gratter de la proximité à la scène. Pour ce qui est de l’implication, le public était certainement au rendez-vous, avec des morceaux dont Rashad leur laissait le soin de chanter seuls. Chapeau aux producteurs du spectacle, avec une place accordée au rodage de mélodies et au freestyle, recette qui nous sort un peu des performances hip-hop conventionnelles. Quand la qualité rencontre l’intimité, le moment créé est unique et l’expérience marque au fer rouge. Ne changez pas de recette !




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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