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Le journal des étudiants de Polytechnique Montréal
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Aperçu article Un étudiant sain dans une Poly saine
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La notification la plus ignorée du dossier étudiant. © Anne Cameron

Vous vous souvenez sans doute du sondage psychologique lancé l’année dernière, dans lequel on cherchait à comprendre l’impact psychologique de la charge de travail ou la difficulté des cours sur l’étudiant de Polytechnique. Sûrement, il y a un moyen d’améliorer la condition des étudiants tout en restant une école d’ingénieurs digne de ce nom.

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  • Polytechnique est vieux jeu, ne se le cachons pas. Après nos 4 ans de bacc, je pense qu’on atteint tous un excellent niveau de débrouillardise, de résilience et de badassery générale. Poly, aujourd’hui, essaie de s’adapter à sa nouvelle génération de futurs ingénieurs, entres autres en offrant des services d’aide psychologique. Ce n’est pas un secret que ces services d’aide sont débordés par la demande, et je ne pense pas que l’offre augmentera soudainement demain matin. Mon but n’est pas de diriger les étudiants vers ces services, mais plutôt d’éviter qu’ils aient à y aller. Il existe en effet des moyens de réduire la demande à Polytechnique, des moyens qui ne demanderaient ni grand investissement, ni grande réforme administrative. Il suffirait de changer l’accès à l’information sur les cours, et de modifier une obligation envers les étudiants.

    Demandons-nous d’abord, pourquoi les services d’aide psychologique sont-ils débordés? Beaucoup, beaucoup d’entre nous sont d’accord sur le fait qu’il y a trop à faire, et que la pression exercée par la charge de travail gargantuesque fait en sorte que nos pairs et parfois nous pétons au frette.

    Bon, c’est vrai qu’il faut se fendre les fesses à Poly pour réussir, c’est vrai qu’il y a beaucoup à faire. Mais on est des ingénieurs, on doit savoir comment répartir le travail selon nos ressources (AKA gère toi). Le problème, ce n’est pas la charge de travail. Le problème, c’est exactement trois trucs bizarroïdes et très spécifiques à notre chère Polymtl.

    1. Le nombre de crédits/cours n’est PAS représentatif de sa charge de travail.
    2. Il est INTERDIT pour un étudiant de Polytechnique d’être inscrit à temps partiel.
    3. La distribution gaussienne des notes doit être à peu près centrée. (* Ceci est une induction populaire)

    Les crédits

    D’abord, je veux souligner qu’administrativement, le fait qu’environ 80 % des cours du bacc soient à 3 crédits facilite énormément nos vies à tous. La refonte des programmes se fait beaucoup plus facilement; les étudiants peuvent réorganiser leur cheminement aisément (sauf si vous êtes en génie physique – vous pouvez souffrir en silence). En fait, le problème ne repose pas dans la quantité de crédits accordée : il est dans l’indication de la charge de travail. Je ne veux pas d’une solution officielle qui sera administrativement lourde et qui pèsera sur l’institut. Je veux un guide de l’étudiant qui dictera clairement :

    • Le temps attribué aux TP ou aux laboratoires, et SÉPARÉMENT, celui dédié à l’étude dans le but de réussir l’examen.
    • Le rapprochement entre la matière vue en laboratoire et celle vue en cours. Souvent les deux sont pertinents, mais si le rapprochement est faible les 10 heures par semaine mises en laboratoire ne t’avancent pas du tout dans l’avancement de ton étude.

    Vous pourriez me dire de lire le plan de cours pour trouver ces informations. Je vous dirais que le plan de cours est un estimé paradisiaque d’un professeur qui est préoccupé par ses autres fonctions. Il faut un estimé PAR les étudiants, POUR les étudiants. J’encourage d’ailleurs tous les CEGwhatever de ce monde à entamer la création de ce guide, parce que Dieu sait qu’on doit s’aider si on veut s’en sortir un jour.

    L’étudiant à temps partiel

    C’est possible d’étudier à temps partiel… techniquement. Si t’as une job. Si t’es débordé à 12 crédits? Fuck you. Si par malchance ton cheminement est le 8e niveau d’enfer cette session? Fuck you. Si c’est ton 5e trimestre sans vacances que t’aurais vraiment besoin d’une session légère pour ne pas tomber en déprime? Fuck you.

    Mais on s’entend, ça, c’est sur papier. En réalité Polytechnique est beaucoup plus relax avec les étudiants à temps partiel (je ne sais pas pourquoi – c’est un des mystères de la vie comme pourquoi Keanu Reaves ne vieillit pas ou pourquoi je ne suis pas allée à Sherbie calisse). C’est peut-être par négligence, c’est peut-être parce qu’ils savent qu’il y a beaucoup de vases à une goutte de déborder.

    Ce règlement en particulier semble redondant – il y a déjà la limite de 12 trimestres autorisés pour la complétion d’un bacc (saviez-vous qu’un trimestre est compté si vous êtes inscrit à 6 crédits et plus?) et ceci, je l’espère, illuminera mieux mon doute sur sa raison d’être. Il est, pour moi, incompréhensible. Pourtant son impact est très clair, pour l’étudiant marginal qui devra peut-être, dans un futur rapproché, faire appel aux services d’aide à Polytechnique. Ces quelques lignes font en sorte que le repos est impossible sans prendre une véritable pause. On peut difficilement adapter notre cheminement à notre rythme – il faut faire des pirouettes et des acrobaties administratives à chaque nouveau trimestre.

    La répartition des notes

    Il existe une loi de l’univers polytechnicien que pratiquement tous les étudiants connaissent : Dans un cours quelconque et pour un taux de réussite quelconque de l’intra, le final sera réussi de manière inversement proportionnelle au taux de réussite de l’intra. C’est-à-dire : ton intra était facile et bien réussi? Bien ton final sera infaisable et vice versa. Si ton intra était difficile – ton final sera plus léger.

    Ceci, dans l’univers clos qu’est Polytechnique, n’a pas grand impact sauf pour les masochistes qui veulent faire des études supérieures. On entend souvent que « les notes ne comptent pas réellement » quand il vient le temps de se trouver un emploi. Je dirais que c’est vrai, dans la mesure où une personne a suffisamment d’expérience pour que l’on puisse se fier à celle-ci plutôt qu’à ses notes.

    La méthode Polymtl (TM), une fois de plus, lance l’étudiant dans le ring.

    Résultat?

    À Polymtl, on se fait pousser pas mal. Normal, faut apprendre à se gérer.

    Apprendre à se gérer, par contre, implique qu’un certain degré de liberté nous soit accordé. Aujourd’hui, pour terminer un bacc, on prend des cours avec une charge inconnue pendant un nombre inconnu. Poly a beau être vieux jeu, ça fait longtemps qu’on le sait – surtout en génie – qu’une solution universelle ça n’existe pas.

    Quand tout effort de gestion est confronté à un mur administratif, on n’enseigne pas aux étudiants à se gérer, on leur apprend à contourner le système sans se faire prendre. Je crois que ces étudiants marginaux savent exactement ce dont ils ont besoin pour se reprendre. Je ne crois pas que la solution passe par les services d’aide, car c’est déjà trop tard rendu là. Il faut simplement, tout simplement, nous en donner les moyens.




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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