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Maudite attestation médicale

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  • Aperçu article Maudite attestation médicale
    © Yannick Lung/IconFinder

    Mise en situation : vous tombez malade et on requiert de vous un billet médical pour attester que vous êtes malade ce jour-là afin de ne pas être pénalisé. C’est probablement une chose que vous trouvez normale dans tous les cas. Mais je me permets de remettre en question certaines situations particulières.

    En milieu d’emploi

    Il est compréhensible qu’un employeur voudrait s’assurer de payer à son employé des jours de congé de maladie si ce dernier est bien malade. Pour ce faire, l’employé a le fardeau d’aller voir un professionnel de la santé pour faire un billet médical pour son patron (et tant qu’à faire, se faire soigner par le professionnel de la santé). Par ailleurs, une grippe, un rhume, une gastro ou une jambe cassée, ça ne se feint pas facilement de toute manière.

    Mais qu’en est-il alors des maladies, pathologies ou troubles dont on ne peut pas quantifier avec un thermomètre, un rayon X, un instrument médical ou des symptômes observables objectivement? Là est le problème!

    En milieu scolaire

    Les mêmes principes expliqués précédemment valent autant en milieu scolaire. Si tu manques une évaluation pour cause de maladie et que tu veux bénéficier du droit de report de l’évaluation, tu dois avoir une preuve. Autrement, tout le monde gagnerait à ne pas se présenter à leurs évaluations. Je ne vois aucun problème à cette formalité. Mais le bât blesse quand la maladie t’assomme au point que tu dois annuler toute une session (ou trimestre) car tu n’y arrives juste pas, et que les frais de scolarité et autres frais sont non remboursables; je me demande quel différence qu’une personne annule complètement sa session à cause de la maladie ou simplement par choix personnel. Contrairement au cas des évaluations, personne n’a avantage à annuler la session complètement, quand les frais ne sont pas remboursables. À quoi bon ajouter une formalité administrative à une chose qui est déjà dissuasive?

    L’exception à la règle

    L’idée qui me vient facilement à l’esprit pour une maladie, pathologie ou trouble dont on ne peut quantifier, c’est le trouble mental (par exemple dépression, trouble panique, boulimie ou l’anorexie). Quand un patient grippé se présente chez son médecin, il constatera que le médecin l’auscultera avec l’otoscope pour observer la gorge et le thermomètre pour mesurer sa température corporelle afin de conclure qu’effectivement, son patient est bien malade et donnera un traitement en conséquence.

    Mais quand c’est un patient, disons, dépressif qui se présente chez son médecin, la pratique n’est certainement pas la même. En fait, le médecin n’a pas de moyens tangibles et mesurables pour prouver hors de tout doute que le patient possède bien les symptômes de la dépression. Il serait contre-productif de prescrire au patient un IRM fonctionnel pour observer son activité cérébrale afin de vérifier s’il est bien dépressif, surtout avec « l’efficacité » du système de santé actuelle. Le médecin doit le croire sur parole et évaluer en tout bonne foi ce que le patient lui dit. C’est dommage qu’on ne peut pas convaincre aussi facilement d’une maladie physique ceux qui doutent des gens « disant souffrir » de trouble mental parce que ça ne se voit pas tout de suite. Mais il reste que le trouble mental est bien dans la catégorie « maladie », au même titre qu’une gastro ou une grippe.

    Permanence de la condition humaine

    Puis dans le cas d’une condition physique ou mentale qu’un médecin a déjà attestée permanente, est-il nécessaire de requérir à nouveau à un billet médical à chaque fois que la situation se dégrade, c’est-à-dire lors d’une rechute? Puis pour avoir le droit d’avoir un congé maladie dans ce cas-ci, faut-il à chaque fois rebalancer à peu près la même salade au médecin pour lui expliquer qu’on rechute? La réponse actuellement est oui! Je suppose que c’est le prix à payer pour avoir la malchance d’avoir une condition médicale permanente et épisodique. Câlisse! Je les plains.

    Qu’est-ce qu’on ne comprend pas au mot « permanent »!?! Est-ce qu’il faut que l’État crée un certificat pour attester le fait d’une condition médicale permanente? Comme l’État le fait déjà pour certifier notre existence par un certificat de naissance (allo! Je suis juste là)? Faut-il un certificat pour certifier qu’on est un homme ou une femme (ou autre) avant d’entrer dans un vestiaire ou toilette unisexe? Sans qu’on ait à baisser notre pantalon? Faire un certificat pour certifier un fait qui ne saute pas nécessairement aux yeux, qui n’est pas évident, d’accord, c’est compréhensible. Mais pour les gens atteints d’une condition permanente, est-ce nécessaire qu’ils demandent quarante-douze fois au médecin de produire un billet médical, attestation ou certificat? Le peu de calcul donne quarante-douze certificats! Diantre!

    Chaque personne possède UN certificat de naissance, UN certificat de mariage (pour chaque mariage), UN certificat de décès, UN certificat de citoyenneté canadienne, UN certificat universel pour être accepté par tous! Est-ce que l’attestation médicale pour une condition médicale permanente peut enfin ne nécessiter la production d’UN certificat pour être accepté par tous, et de sacrer patience à ces êtres humains?




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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