Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

La La Land : une intemporalité moderne

Aucun champ n'est obligatoire



  • Aperçu article La La Land : une intemporalité moderne
    Cliquer pour agrandir
     (lien ouvrant dans une nouvelle fenêtre)
    Le couple en question... © Dale Robinette/Lionsgate

    La fin de semaine dernière, je me suis rendue au cinéma pour voir le film La La Land. Et puisqu’il ne m’a pas laissée indifférente, ni une ni deux, voilà que je m’improvise critique de cinéma.

    Il avait été annoncé comme un véritable événement cinématographique, voire rien de moins que le nouveau Singing in the Rain. Porté par le duo iconique d’Emma Stone — jouant Mia, une jeune comédienne qui écume les castings — et Ryan Gosling — incarnant Sebastian, un pianiste passionné de jazz qui souhaite faire survivre coûte que coûte ce genre musical — La La Land retrace l’histoire de leur rencontre, et nous raconte comment chacun essaie de rendre son rêve hollywoodien réalité, sans perdre de vue celui de l’être aimé.

    La musique

    Car oui, La La Land est un film musical, et au cas où on l’aurait oublié, on se retrouve projetés dès le premier plan au milieu d’une chorégraphie typiquement broadwayesque, tournée en quasi plan-séquence sur une bretelle d’autoroute. Le ton est donné. Et celui de la bande son est particulièrement entraînant, je peux aisément parier que vous ressortirez sans aucun doute de la séance en chantonnant City of Stars pendant encore plusieurs jours… J’ai aussi beaucoup apprécié le côté décalé de What a Waste of a Lovely Night, mais ma mention spéciale va à The Fools Who Dream (tout ceci est « googlable » ou « youtubable » by the way).

    Le casting

    Il faut tout d’abord saluer la performance des acteurs qui, en plus d’être très convaincants dans leurs rôles respectifs, ont interprété eux-mêmes chacune de leurs tounes, que ce soit au chant ou au piano pour Sebastian — euh pardon, Ryan — qui a dû fournir un effort considérable pour passer de random dude à pianiste de jazz de talent. Cela rend tous les moments musicaux beaucoup plus crédibles bien sûr, mais surtout sincères, et parfois touchants. De même, on peut aussi mentionner leurs scènes de danse et notamment de claquettes qui, s’ils étaient loin d’être aussi impressionnants que Fred Astaire & Ginger Rodgers, avaient le mérite d’être vrais. Fun fact, c’était initialement Emma Watson qui devait tenir le rôle de Mia, mais elle a dû y renoncer pour le tournage de La Belle et La Bête. Et parallèlement, Ryan Gosling a refusé le rôle de la Bête justement pour jouer dans La La Land. Oh, et ai-je mentionné la présence non anecdotique de John Legend? Maintenant oui!

    Le synopsis

    Ce n’est pas vraiment la force du film, mais ce n’est pas ce sur quoi il faut se concentrer. Oui, il est relativement prévisible, mais il évite néanmoins de tomber dans la facilité. Il aborde des thèmes classiques du genre, comme la difficulté d’être un artiste débutant, l’idée de créer sa propre œuvre quand personne ne nous accepte dans la sienne, le compromis entre passion et salaire, les échecs et les succès, le tout sur fond de romance et d’American dream. Bref, messieurs, ce n’est pas parce qu’il y a un gars et une fille qui se tiennent presque la main sur l’affiche que vous ne devez pas aller voir ce film. Et si vous ne me croyez pas, sachez que La La Land totalise 14 nominations aux Oscars 2017, dont celles de meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice, meilleure chanson. Ce n’était arrivé que 2 fois auparavant dans toute l’Histoire du Cinéma!

    L’intemporalité

    … est présente tout au long du film. Dans l’esthétique du traitement des couleurs et de la lumière bien sûr, qui est fait pour nous rappeler les arrangements de l’âge d’or d’Hollywood, auxquels La La Land rend évidemment hommage. L’histoire n’est d’ailleurs pas clairement fixée dans le temps, on devine qu’elle se déroule « de nos jours », mais les téléphones intelligents et autres synthés se mêlent habilement aux voitures rétro et à la culture des années 50, qui est au cœur des passions de nos deux héros. C’est parce qu’ils ont été fascinés par ses films ou sa musique qu’ils ont décidé d’en faire leur vie. Ainsi, on transcende les époques et on cesse très vite de se demander où on est car cela importe peu finalement; ce qui compte, c’est la beauté du moment qui nous est conté. La fin apporte une dernière touche de fraîcheur au film, et témoigne aussi d’une certaine modernité en se démarquant des happy endings hollywoodiens usés. Le film se termine tout en poésie, en nous posant les mêmes questions que Mr. Nobody sur la destinée et le bonheur, en nous laissant libre interprétation de ces derniers sourires empreints d’émotions avant que l’écran ne redevienne noir.

    La conclusion

    Est-ce que j’ai aimé ce film? Oui, beaucoup. Ai-je trouvé le nouveau Singing in the Rain? Non. On n’édifie pas un tel monument tous les quatre matins. Mais j’ai été tout à fait charmée par la sincérité de ce film, par sa bande son, ses acteurs et son esthétique. C’est un très joli conte parfois poétique, drôle ou touchant, raconté d’une façon moderne et intemporelle à la fois. Le réalisateur nous prend par la main pour une charmante balade, et on oublie que l’on connaît déjà le chemin.

    Mots-clés : Cinéma (56)



    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

    Le Polyscope en PDF+


    Récente édition
    Couverture PDF Vol. 50 Numéro 12
    Télécharger
    Spécial entrepreneuriat
    Volume 50, Numéro 12
    Prochaine parution :
    ven, 31 mars 2017 vers 10h00
    Prochaine tombée :
    mar, 28 mars 2017 à 12h
    Aucun champ n'est obligatoire