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Le party d’un point de vue extérieur

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    Costume d'Halloween d'écolière sexy © Milanoo

    Quel est donc ce rite de passage auquel un jeune des temps modernes risque d’être sensibilisé? Voici des observations recueillies juste pour vous.

    Un phénomène étrange, les partys, se fait souvent tard en soirée. En effet, le travail durant la journée l’oblige. Ils sont donc généralement organisés quand le soleil est couché, le moment parfait pour que sortent les créatures nocturnes. Parmi ce néant sans lumière, il y a plus étrange qu’un simple party entre amis et collègues, ce sont les partys ouverts au public. Pour y participer, la coutume est d’acquérir un billet d’entrée unique en échange d’une somme d’argent prédéfinie par les organisateurs de l’événement. Comme l’argent ne coule pas assez à flots dans le domaine public, cette même coutume incite à faire ledit party dans un établissement privé, géré par une entité privée et aménagé expressément pour un tel événement, à laquelle les organisateurs doivent payer la réservation des lieux.

    L’heure officielle du party indiquée par les organisateurs n’est, en pratique, jamais l’heure où les festivités commencent. C’est plutôt l’heure où l’ennui commence. C’est un passage obligé. En effet, un embouteillage monstre se pose devant l’entrée. Ce sont des gens qui font la file. C’est une version humaine de la circulation sur les ponts de Montréal lors des heures de pointe. Mais pourquoi? Les gens passent un à la fois, car chacun doit laisser un agent de sécurité, qu’on reconnaît facilement par les phéromones qu’il dégage, palper respectueusement ses vêtements. C’est ce que j’appelle le « test du guili-guili » pour faire référence au chatouillement. Il est possible que les gens qui ne passent pas le test ne soient pas assez matures pour faire partie du clan et soient rejetés par leurs pairs. Ainsi est la loi des plus forts.

    Puis il y a, bien sûr, l’étape de la validation du droit d’entrée. En montrant son billet, le participant qui désire entrer reçoit une couronne au poignet pour sceller le fait qu’il a réussi à passer ses tests jusque là. C’est bien contraire à la culture où on tatoue de façon permanente un individu pour son appartenance sociale, puisque la couronne peut être retirée à tout moment. Dans le cas où un individu n’a ni billet pour l’entrée, ni argent pour s’en procurer un sur place, il peut rebrousser chemin, mais heureusement, sans se faire attoucher respectueusement une seconde fois… et dans le meilleur cas, jamais. Sachez qu’il n’est pas garanti que le troc pour des billets d’entrée se fasse sur place au moment de l’événement. Les retardataires sont avertis!

    Après le « test du guili-guili » et le couronnement du poignet, on peut entrer dans ce que j’appelle « la zone tampon », juste avant d’entrer dans le party. Là-bas, il y a un comptoir où il faut confier nos sacs et manteaux à des gardiennes, déguisées pour l’Halloween, en écossais féminin portant une jupe à carreaux. « Écossais féminin », car ce sont des femmes qui portent des jupes à carreaux comme dans la culture d’origine écossaise, mais contrairement à cette même culture, ce sont plutôt les hommes qui portent ces jupes à carreaux, nommés kilts. Pas les femmes! De plus, la jupe est très courte. Enfin, le t-shirt est très ouvert sur la région thoracique. Bref, érotiser une culture qui n’a rien d’érotique à l’origine, ces créateurs de mode ont clairement des besoins…

    Par ailleurs, le troc n’étant pas un système économique viable, leur service requiert un paiement en argent comptant immédiat : un pourboire. Et puisqu’on leur confie nos choses, il ne faut pas oublier le reçu pour demander ultérieurement le retour de nos effets personnels.

    Enfin! À l’intérieur du party, c’est un espace où il y a notamment des meubles pour s’asseoir, pour manger et boire, avec de la nourriture et boisson non gratuites. Dans le fond, toutes les étapes précédentes étaient pour s’assurer qu’on ait de l’argent pour pouvoir encore dépenser, même à l’intérieur du party. Quand je disais que l’argent ne coulait pas assez à flots… Ça, c’est de l’entrepreneuriat!

    La musique forte retentit et l’éclairage varie constamment dans le lieu déjà sombre, les gens continuent de pénétrer dans le party. Certaines personnes dansent et crient, d’autres restent dans un coin pour parler avec leurs pairs, manger ou boire. La musique est tellement forte qu’il est impossible d’entendre les conversations au loin. C’est d’ailleurs étrange de converser dans un lieu si bruyant. Contexte parfait pour des conversations top secrètes! Il faut appeler ça « crier » et non « converser ».

    Bref, musique infernalement forte, éclairage variable, danse tribale, cri, nourriture, breuvage alcoolique, le tout, comme un cycle infini. Un milieu parfait pour évacuer ses pulsions tribales dans une société individualiste. À la longue, ce cycle peut malmener l’ouïe, la vue et le foie, lequel impliquant tout le reste du corps. Pourquoi se faire autant de mal? Serait-ce une pratique sectaire consistant à pratiquer en groupe une technique d’autodestruction? Comment peut-on festoyer et se divertir en s’infligeant autant de mal? La réponse : l’alcool.


    Définition

    Dans le contexte de cet article, d’après plusieurs dictionnaires, le mot « party » est un anglicisme pour désigner un événement social de festoiement et de divertissement, c’est-à-dire une « soirée », une « veillée », une « fête » ou une « réception » (mondaine).




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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